Droite, comment s’y retrouver dans les candidatures à la présidentielle.

Ça demande un peu de concentration : il y a deux candidats quasiment déclarés : Bruno Retailleau et Xavier Bertrand ; une candidate qui lève le doigt en disant ‘et moi ?’ : Rachida Dati ; une candidate qui attend que les circonstances la désignent (donc qui peut attendre) : Valérie Pécresse. Et puis, le non-candidat (sauf si…à moins que, on ne sait jamais, tout peut arriver …) Nicolas Sarkozy qui, peut-être, quand même, ne confond plus, comme en 2016,  une file d’attente de 50 mètres de personnes âgées devant la librairie de Calais (c’était avant-hier) avec un appel populaire national. Bref, pour l’instant, on va vers un duel Retailleau/Bertrand. Que représentent-ils, chacun,  politiquement ?  Il ne faut pas chercher la réponse sur une ligne graduée gauche-droite. Il est plutôt question de cercles concentriques. Au milieu, Bruno Retailleau. Il est le plus populaire chez les militants LR. Ceux-ci sont de moins en moins nombreux (on parle ici en dizaines de milliers) mais de plus en plus conservateurs. Et puis, il y a le cercle des sympathisants. Disons quelques centaines de milliers, eux aussi bien conservateurs. Ce sont les cibles des chaines d’info parce qu’ils sont souvent inactifs et retraités. Leur héros comme Zemmour font beaucoup de bruit médiatique. Nous sommes toujours dans les sphères de centaines de milliers de Français… C. News fait du bruit mais n’est pas la France, ni même la droite. Le cercle supérieur de la droite se compte en millions : la droite modérée. Elle est au travail pendant la journée. C’est elle, sans doute, le barycentre politique de la France en ce moment. Il s’agit des électeurs habituels de LR qui se déplacent par exemple pour réélire leur maire mais qui peuvent très bien choisir Emmanuel Marcon à la présidentielle. Enfin, dernier cercle, les électeurs potentiels de toutes sensibilités (on atteint les 20 millions)… ceux qu’il faudra bien aller chercher pour gagner au second tour. Bruno Retailleau, plus populaire donc dans les deux premiers cercles (militants et sympathisants), joue maintenant un rôle à contre-emploi (presque comique) de populiste antisystème, pour consolider cette base. Il prononce les mots comme ‘bienpensance,’ ‘droite d’en haut’ alors qu’il est un distingué et assez fin sénateur vendéen. Xavier Bertrand, lui, Président des Hauts de France, élu avec les voix de la gauche, est plus crédible en candidat de la sphère nationale et populaire ! Les dirigeants de LR l’ont compris et voudraient trouver un stratagème pour le désigner eux mêmes : ils appellent ça pudiquement un ‘départage’. Parce qu’une primaire (forcément des premiers cercles) désignerait le candidat… le moins rassembleur pour la présidentielle. Ils sont face à un casse-tête démocratique : la sociologie du petit nombre de militants de droite ressemble de moins en moins à celle du grand nombre des électeurs de droite. Il faut donc que la direction de LR soit peu démocratique pour désigner le meilleur candidat pour l’élection phare de notre démocratie… vous vous souvenez du mot de Coluche… La politique ? 5 ans de droit, tout le reste de travers ! 

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