Oui, ce secrétaire d’Etat recordman qui n’a tenu que 9 jours. Il n’est plus ministre, il peut donc retrouver son mandat parlementaire. Le fisc a fini par lui prélever d’office ce qu’il devait, plus les pénalités. Depuis trois jours la France entière se demande comment il est possible d’oublier de déclarer ses revenus 3 ans de suite ? Surtout quand on est député chargé d’une mission sur a fraude ! Thomas Thevenoud dit qu’il a été négligeant. On n’est pas obligé de croire à la négligence mais on est obligé de constater que le fisc ne lui réclame plus rien. Il vient d’annoncer qu’il quitte le PS mais pas son siège de député. C’est à l’évidence un très mauvais choix! Mais personne ne peut contraindre Thomas Thevenoud à démissionner… Tentons de nous mettre dans sa tête pour comprendre le cheminement de ce député. C’est possible, il ne s’agit tout de même pas d’être dans la tête d’un vrai fraudeur organisé comme Jérôme Cahuzac ou d’un repris de justice comme Patrick Balkany (Balkany qui, soit dit en passant, est toujours député, tout comme la député Sylvie Andrieu pourtant déjà condamnée).

Donc vous n’êtes plus Thomas Legrand vous êtes Thomas Thevenoud

Oui et je me dis que je suis en règle avec la justice. Aucune action n’est lancée contre moi et je ne dois plus rien au fisc. Pourquoi devrais-je quitter mon siège de député ? Où est la limite si ce n’est une condamnation, ou, depuis la jurisprudence Balladur, une mise en examen. La négligence doit-elle être à ce point sanctionnée ? Après tout, les députés qui n’auraient plus de points sur leur permis de conduire devraient aussi rendre leur mandat. Je ne démissionne pas ! Le droit doit rester la règle. Voilà mon premier réflexe. Ça pourrait correspond à ce que Max Weber appelait l’éthique de conviction. Mais Weber l’opposait, ou plutôt la mariait à l’éthique de responsabilité. Et l’éthique de responsabilité me fait réfléchir différemment (je suis toujours Thomas Thevenoud…). En matière politique et quand il s’agit de définir une attitude personnelle, l’éthique de responsabilité prend un poids particulier. Tout bien peser, entre l’éthique de conviction qui m’incite à rester député et l’éthique de responsabilité qui me fait envisager les dégâts politiques pour mon camp et aussi pour la représentation nationale, Je décide de démissionner. En quittant le PS sans quitter son siège de député, Thomas Thevenoud ne raisonne pas, il ruse ! Il pense pouvoir s’en tirer comme ça parce que la majorité lui serait reconnaissante de ne pas retirer une voix au premier ministre à la veille d’un vote de confiance. Mais en politique, le contexte général, le climat du pays est aussi à prendre en compte. En commentant la théorie de Weber sur ces deux éthiques concurrentes et complémentaires Raymond Aron disait, « nul n’a le droit de se désintéresser des conséquences de ses actes ». Selon cette vérité – c’est terrible et injuste - la démission de Thomas Thevenoud parait aujourd’hui plus utile que celles de vrais condamnés ou encore en délicatesse avec la Justice comme Patrick Balkany ou Sylvie Andrieu.

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