La majorité s’élargit… nous dit-on. C’est extraordinaire et ça a même fait la Une du Journal du Dimanche. Depuis quelques jours, les mentors de la majorité arrivent à faire de ce pseudo élargissement un sujet. Mais c’est une construction ! Alors si ce n’est pas un sujet, pourquoi y consacrer une chronique ?

Parce que c’est intéressant de démontrer (et de démonter) la façon dont on construit une histoire de dynamique politique.

Là où, en réalité, vivote une nébuleuse centriste, composée surtout de cadres et d’élus. L’idée c’est de faire croire qu’Emmanuel Macron bâtit une coalition ! Qu’il s’agrège de nouvelles forces politiques, faire croire que LREM (dont on a vu les limites aux municipales) est une force d’attraction, cœur, donc, d’une nouvelle coalition. Coalition dont voici la composition : Agir, c’est le nom d’un groupe parlementaire de centre-droit, de 17 membres, proche de Franck Riester… ministre du gouvernement depuis le début, Territoire de progrès (vous ne connaissez pas ? Rassurez-vous, personne ne connait !), c’est la branche gauche de la majorité, animée (si l’on peut dire, puisqu’il ne dit jamais rien) par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Il y a aussi, bien sûr, le Modem de François Bayrou, dont le ralliement a permis à Emmanuel Macron de décoller avant le premier tour en 2017. Ajoutez à cela, peut-être, les Radicaux de Laurent Henart, maire battu à Nancy cette année (qui était déjà très Macron compatible)… peut-être Christian Estrosi, maire de Nice, et quelques autres élus locaux de droite. J’oubliais _La République des Maires_, le mouvement de Christophe Béchu, maire d’Angers ancien juppéiste, macroniste depuis l’élection. 

Voilà la nouvelle coalition que l’on essaye de nous vendre. Toujours les mêmes mais un peu réorganisés !

En ce moment, tout le monde remet son vieux vélo en état… Emmanuel Macron tente, lui, de faire passer le sien pour un scooter tout neuf !  

Il y a quand même Jean Castex, un nouveau chef de la majorité. 

Oui mais ça n’élargit en rien cette majorité… peut-être un peu sur la droite. Edouard Philippe ne s’intéressait pas vraiment aux rouages de la macronie, Jean Castex, lui, affirme qu’il veut jouer à plein son rôle (dévolu par la constitution) de chef de la majorité. Pourquoi pas. Pour l’instant, il fait la tournée des popotes qui composent la nébuleuse macrono-centriste. Il faut dire qu’il ne la connait pas vraiment… il était à LR avant d’être nommé à Matignon et, en 2017, il avait fait campagne pour un autre candidat et un autre programme. Nous sommes là dans la caricature de la Ve République. Il n’y a que le candidat qui compte. Première étape, donc, l’homme providentiel doit nous faire croire qu’une large coalition s’organise pour l’accompagner vers un second mandat. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.