Le colonel Kadahfi arrive aujourd'hui à Paris pour une visite officielle de 5 jours, une visite très controversée. TSK oui, comme "Tout Sauf Kadhafi" ! Le guide suprême libyen arrive en effet en France sous les lazzis d'une bonne partie de la classe politique. Pourtant, excusez du peu, il a déjà à son actif, deux miracles. Un, il est le premier, le seul même peut-être pour l'instant à avoir fédéré sur son seul nom tous les socialistes. Pour la première fois depuis très longtemps, Ségolène Royal dit la même chose que François Hollande, qui tient les mêmes propos qu'Arnaud Montebourg : "odieux, choquant,inadmissible" ; "aucune signature de contrats commerciaux ne peut légitimer un tel aveuglement de la part de Sarkozy". Même Pierre Moscovici, président de la commission d'enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares s'est rangé sous la bannière de l'indignation socialiste. Il y a un mois, il disait "comprendre" cette visite : "je préfère un colonel Kadhafi réintégré dans la communauté internationale réconcilié avec la France, à un chef de l'Etat qui serait encore celui d'un état terroriste et voyou". Aujourd'hui, il dit éprouver un "vrai malaise". Ah pardon, petite exception qui doit toujours confirmer la règle. Roland Dumas, ex ministre socialiste des affaires étrangères, juge ce matin dans les colonnes de "France Soir", que ce voyage peut être "utile" et que d'ailleurs les propos tenus vendredi à Lisbonne par Kadhafi - "il est normal que les faibles aient recours au terrorisme" - sont une simple explication historique sur les causes du terrorisme et non une justification du phénomène. Dumas mis à part donc, c'est tout le parti socialiste qui condamne cette réception en grandes pompes du dirigeant lybien. Deuxième miracle, le colonel Kadhafi fait sortir de leur réserve 2 ministres du gouvernement Sarkozy, qui nous avaient habitués jusque là, à une discrétion parfaite, un mutisme total, autant dire, une obéissance stricte à une loi d'airain en matière de politique étrangère : "c'est le chef qui décide." Rama Yade, secrétaire d'état aux affaires étrangères et aux droits de l'homme, s'indigne dans "Le Parisien": "Notre pays n'est pas un paillasson" tonne-t-elle, "sur lequel un dirigeant terroriste ou non peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits, la France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort". Quant aux arguments économiques avancés par certains, elle les balaie d'un revers d'une bien jolie formule, "la France n'est pas qu'une balance commerciale." Coup de gueule ou coup de sang après avoir été privée de voyage en Chine, la sortie en tout cas ne manque pas de panache pour cette toute jeune secrétaire d'état qui ose affirmer "Nicolas Sarkozy ne doit pas tourner le dos à la diplomatie des valeurs"! Alors, Bernard Kouchner ne va pas aussi loin dans la critique. Lui qui aime à se présenter comme le défenseur acharné, éternel et permanent des droits de l'homme, se contente d'affirmer ce matin dans la presse qu'il n'est pas "question d'oublier le nom des victimes" à imputer au colonel lybien. C'est tout ? Et bien, on verra d'ici quelques minutes, au mirco de France Inter (il est l'invité de 8h20), s'il fixe à son tour plus précisément les limites de la real politique française. En attendant, on se souviendra que c'est à l'occasion de la visite à Paris de Muammar Kadhafi que Nicolas Sarkozy a rencontré pour la première fois, une opposition digne de ce nom. Ca ne manque de sel pour un homme qui n'est pas à proprement parler justement, le plus grand des démocrates, et c'est bien ça qui fait débat !

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