Ce matin, vous mêlez les négociations de Doha sur le climat, le débat sur la transition énergétique et Notre-Dame-des-Landes…

Oui ces trois événements sont liés et devraient peser -si la politique était vraiment l’art de changer le cours des choses- sur d’importantes décisions du gouvernement dans les mois qui viennent… Doha est un échec parce que l’accord n’a recueilli la signature de pays qui ne représentent que 15% des émissions de gaz à effet de serre. Mais pendant ce sommet, la France a porté une parole forte et affirmé qu’il fallait que chaque pays fasse, chez lui, évoluer sa politique industrielle, sa politique des transports vers un modèle moins vorace en énergie fossile. Les Français se veulent d’ailleurs tellement déterminés à se battre sur ces sujets, que Paris se propose d’organiser la conférence sur le climat en 2015. Dans le même temps, le gouvernement vient de lancer un grand débat sur la transition énergétique. Pendant six mois, des chercheurs, des responsables politiques et associatifs discuteront des meilleures façons d’accompagner la raréfaction et le renchérissement inévitable du pétrole, du gaz, ainsi que de la meilleure façon d’effectuer la réduction de la part du nucléaire voulue par François Hollande. Ce débat est censé durer six mois. Au terme de cette période il y aura un document… et en exclusivité mondiale je peux vous dire ce qui l’en ressortira ! Ça ne résulte pas d’une grande investigation ni d’indiscrétions que j’aurais recueillies mais simplement d’une évidence ressassée : le document dira qu’il faut investir dans l’isolation des bâtiments, dans la recherche d’énergies renouvelables éoliennes, géothermiques, marémotrices, solaires… et…qu’il faut absolument revoir notre politique d’infrastructures et de transports.

Je vous vois venir, vous pensez à Notre-Dame-des-Landes !

Eh bien oui, favoriser la proximité, en finir avec cette idée de grands hubs régionaux conçus pour le Concorde et les gros porteurs… Il se trouve que le report du début des travaux, décidé par Jean-Marc Ayrault en guise d’apaisement est de…six mois ! Six mois pendant lesquels une commission de dialogue travaillera à chercher une solution pour rassurer les opposants à l’aéroport. Et là, je peux vous donner, en exclusivité mondiale (ça fait quand même deux exclusivités dans le même édito), l’avis des opposants dans six mois : ils seront encore contre ! Le débat sur la transition écologique dure six mois et le travail de la commission du dialogue sur Notre-Dame-des-Landes dure aussi six mois. C'est-à-dire qu’en mai prochain, le gouvernement tiendra un discours général écologiquement encore plus vertueux (alimenté par le débat sur la transition) à base de frugalité énergétique et d’avenir éolien, solaire, géothermique. Et de l’autre côté, il défendra toujours la construction d’un méga-aéroport destiné à être le réceptacle de toujours plus d’avions et de toujours plus de kérosène ! La contradiction risque d’être flagrante, un peu comme ces bourgeois d’antan qui allaient au bordel le samedi soir et à la messe le dimanche matin. Mais après tout – faisons du conspirationnisme positif ! Ne désespérons pas du génie stratégique de nos gouvernants, peut-être que la concomitance de ces deux calendriers n’est pas fortuite… c’est fait exprès ! Le gouvernement préparerait l’abandon Notre-Dame-des-Landes… comme ça, dans six mois cette décision sera marquée du sceau de la cohérence entre le discours et les actes ! Mais là, je suis moins sûr de mon exclusivité…

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