**Ça bouge du côté de Dominique Strauss-Kahn !Oui, connaissez-vous, Patrick, le coup de la « femme du gendarme »? Rien à voir bien sûr avec le kamasutra... Vous avez vu ces dernières semaines ces femmes de gendarmes qui manifestaient pour le maintien des effectifs dans les gendarmeries ? C’est elles qui étaient dans la rue pour exprimer les revendications de leurs maris qui n’ont pas le droit de manifester. Eh bien, comme la maréchaussée, le patron du FMI n’a pas le droit de tout dire. Il n’a pas le droit de dire qu’il va se présenter en 2012 sous peine d’être sanctionné par le board de sa vénérable institution internationale qui ne rigole pas avec les conflits d’intérêts. A la question « serait vous candidat ? » Dominique Strauss-Kahn aurait tout à fait le droit de répondre « non », mais il n’a pas le droit, avant juin, de répondre « oui »…. Donc, tant qu’il ne dit rien c’est qu’il dit « oui » ! Mais c’est vrai que ce n’est pas très explicite, alors comme un gendarme bâillonné par le devoir de réserve, voilà Dominique Strauss-Kahn qui envoie son épouse pour nous faire un bon gros clin d’œil, bien appuyé : « Je ne souhaite pas que Dominique sollicite un second mandat à la tête du FMI » dit-elle. Alors tout ça est soupesé, aussi spontané qu’une réplique dans une publicité pour lessive. Anne Sinclair, avant d’être l’épouse du sans-doute-prochain-candidat-aux-primaires, est une grande communicante. Donc, pour vous, c’est sûr, la candidature DSK est lancée?Oui, la fusée est lancée. Elle va larguer quelques étages avant d’être sur orbite en juin. Elle en a déjà largué deux ; le premier, eh bien ça s’est passé ici, à votre micro Patrick, en novembre, c’était la dernière apparition médiatique de Dominique Strauss-Kahn. Il était venu à France Inter de bon matin pour répéter (il l’a fait 5 ou 6 fois ce jour là) qu’il est de gauche… Pourquoi le patron du FMI avait-il besoin de nous en convaincre ?...c’était, bien sûr, pour s’ouvrir les portes d’une candidature. Le deuxième étage, c’est le coup de la « femme du gendarme » hier. Du coté de la majorité les arguments sont tout prêts, et ils ne sont pas mauvais : alors que Nicolas Sarkozy préside le G20 et a pour objectifs affichés de pousser à la réforme du capitalisme mondial et à l’encadrement de la spéculation ; le Français qui est à la tête de FMI et qui pourrait appuyer cette mission historique de son pays déserte son poste stratégique pour des ambitions personnelles. Pensez bien que face à ce contre-argument prêt à être dégainé, des contre-contre-arguments sont en préparation chez DSK. On peut déjà faire le dialogue d’avril, mai, juin entre les pros de la com’ des deux camps. Les "DSKistes" prévoient donc de répondre que le temps des techniciens, le temps de l’expertise est passé. Le constat est fait, il faut réformer le capitalisme mais ce sont les politiques qui doivent le faire. Donc, vous me suivez, pour agir il faut un mandat politique… Président de la République Française par exemple! Ce qui peut être assez exaspérant et même très frustrant pour ceux qui aiment et croient en la politique, c’est que la com’, les fuites organisées, ou les plans médias, les émissions biens calibrées de Nicolas Sarkozy (on le voit avec l’émission de ce soir) et les stratégies de communication de Dominique Strauss-Kahn, risquent de prendre la pas sur les débats de fond dans les mois qui viennent.**

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