hollande attendu aux états-unis pour un visite d'état
hollande attendu aux états-unis pour un visite d'état © reuters

Vous évoquez ce matin la visite de François Hollande aux Etats-Unis… Un voyage à intérêts multiples

Oui, et ce déplacement-là est à la fois nécessaire et un peu pathétique. Nécessaire, bien sûr parce qu’il s’agit de notre allié historique, qui est, de surcroît toujours la première puissance économique du monde, parce que la plupart des sujets qui ont une réelle influence sur notre vie de tous les jours trouve leurs raisons (positives ou négatives) dans l’attitude des États-Unis. Que ce soit sur l’environnement, la finance, la culture, les grands équilibres diplomatiques.

Et puis parce qu’en terme d’autorité et de présidentialisation de son image, l’affichage d’une proximité et même d’une complicité avec le Président américain est toujours une bonne chose pour un Président français ! François Hollande et sa propre image présidentielle, passablement endommagée, en ont besoin !

Mais c’est mercredi, lorsque François Hollande se rendra dans la Silicon Valley que le côté un peu vain du voyage va sans doute apparaître. L’influence de Google est aujourd’hui plus importante sur nos vies que l’influence de Barack Obama, et peut être que l’influence du Président de la République française.

Même si la France n’a pas à rougir de son « écosystème numérique », comme il est convenu de dire maintenant. François Hollande, accompagné de nombreux patrons français de start up performantes ne veut pas avoir l’air de faire un « voyage découverte » émerveillé devant tant d’ingéniosité et de réussite…

Aujourd’hui les dirigeants de Google ou d’Apple reçoivent les chefs d’État, presque d’égal à égal

pour fleur pellerin, il n'y a pas d'élément nouveau dans la procédure fiscale engagée contre google
pour fleur pellerin, il n'y a pas d'élément nouveau dans la procédure fiscale engagée contre google © reuters

Oui, c’est un signe de ces temps de globalisation. Eric Smith, le président de Google est responsable d’un manque à gagner faramineux pour l’administration fiscale française. Sa pratique de l’optimisation fiscale à outrance et sa politique hégémonique en font un géant plus influent que n’importe quel chef d’État sur nos vies.

Et cette visite n’y changera pas grand-chose. La collecte, le stockage, le traitement et l’utilisation à des fins commerciales ou sécuritaires des milliards de données sur nous tous, font de Google un instrument primordial qui échappe aux politiques, pourtant détenteurs de la légitimité démocratique. Aucune loi française sur le stockage et l’utilisation des donnés personnelles ou collectives ne semble pouvoir avoir la moindre efficacité.

Google est hors du champ des autorités françaises alors que google est au cœur de l’activité économique et culturelle de la France. Son influence et notre dépendance à son égard est sans commune mesure avec ce que nous avons connu par le passé vis-à-vis d’entreprises privées étrangères. Aucun Président français, aussi volontariste soit-il, ne pourrait aujourd’hui s’opposer à cette influence comme le fit, par exemple, le général De Gaulle, vis-à-vis de la puissance diplomatique, économique des États-Unis des années soixante.

Tout ce que peut espérer François Hollande c’est que des entreprises françaises soient aussi dans la place. Les chefs d’État de pays moyens comme le notre qui se rendent dans la Silicon Valley sont invités à observer les cabines de pilotage du monde d’aujourd’hui. Mercredi, c’est dans cette situation que sera François Hollande. Il pourra y constater son impuissance. Et cette situation est mille fois plus embarrassante (et sans doute mille fois moins commentée) que celle d’assister au diner à la maison blanche en célibataire de fraîche date !

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