Emmanuel Macron réfléchit à de prochaines initiatives contre le communautarisme…Et comme toujours il faut d’abord s’entendre sur le sens des mots : ‘Communautarisme’ est devenu un terme négatif, un dévoiement de la République. Mais ‘communautarisme’, en lui-même n’est ni bon ni mauvais…

La plupart des pays du monde (même démocratiques) s’organisent avec les communautés qui la composent. La société est plus ou moins libre selon que l’individu a son mot à dire et que les communautés ne sont pas hiérarchisées. Les religions, les orientations sexuelles, la couleur de la peau, mais aussi les affiliations politiques, sportives, culturelles peuvent constituer des communautés. La France est un cas particulier. Si le monde associatif y est très puissant, l’idée républicaine, veut qu’il n’y ait qu’une seule communauté, la communauté nationale… et des individus. 

C’est l’individualisme positif des Lumières qui est sensé garantir la possibilité de l’émancipation. Il n’y a de droits et de devoirs qu’individuels jamais communautaires. Des organisations, des associations qui regroupent les membres de telle religion, telle identité sexuelle, telle origine peuvent peser pour l’obtention de droits mais ce seront des droits individuels. En principe le discours médiatique et politique ne devrait pas parler de communauté musulmane, juive, homosexuelle… mais en réalité on utilise le mot communauté, comme –dans tous nos débats- on catégorise la population (bobos, jeunes, usagers du métro, ménagères de moins de 50 ans, séniors, handicapés, périurbains, immigrés) parce que pour organiser la société, l’individualisation n’est pas toujours praticable. Donc les communautés existent, elles sont protéiformes et parfois de circonstances… Elles deviennent problématiques quand elles suscitent un sentiment d’appartenance supérieur à celui de la communauté nationale. On risque alors la dislocation de la cohésion nationale. 

Mais quand on parle de communautarisme on parle de repli… et c’est l’islamisme qui est pointé du doigt.

Oui et voilà pourquoi, plutôt que ‘communautarisme’ Emmanuel Macron devrait plutôt parler de danger ‘séparatiste’ parce que face au repli identitaire autour de valeurs dévoyées de l’Islam, justement l’Etat demande aux musulmans de France de s’organiser, de promouvoir des interlocuteurs pour évoquer avec les élus et l’administration la place des musulmans dans la cité. C’est bien la construction d’une communauté digne de ce nom qui est réclamée aux musulmans. Ce qu’il faut donc combattre ce n’est pas la communauté, ni l’Islam mais le communautarisme et l’islamisme qui forment un séparatisme. L

e communautarisme séparatiste ne cherche pas à négocier une meilleure intégration de ses membres dans la communauté nationale… Au contraire il construit et alimente une alternative, une défiance. Il y a plusieurs façons de s’y prendre pour combattre le séparatisme islamiste. Visiblement le président, qui a décidé que ce problème devrait être traité, n’est pas encore au clair sur ce sujet. Sa famille politique naissante ne s’est pas construite sur ce thème. Quels sont les options entre courage nécessaire et démagogie tentante… c’est la bande annonce de l’édito de demain.

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