Les représentants des trois religions monothéistes s’inquiètent de la loi dite ‘séparatisme’.

Les autorités chrétiennes, juives et musulmanes, pestent contre la disposition votée vendredi d’imposer, pour leurs associations, un engagement à, je cite ‘respecter les principes et valeurs de la République (…) le principe d’égalité entre les femmes et les hommes, les principes de fraternité et le rejet de la haine’. Ce rappel –demandé par de nombreux maires- est destiné à contraindre ces clubs de sport, ces associations d’aide aux devoir qui sont, en fait, des officines d’endoctrinement islamistes. La masse des associations catholiques, protestantes, juives et musulmanes n’est pas concernée mais toutes devront prendre cet engagement et le vivent mal ou craignent qu’il puisse prêter à des interprétations abusives. Est-ce que faire signer cette déclaration reviendrait à dire que les ‘principes de la république’ surplombent les principes religieux ? Eternelle question, pour les croyants, de la hiérarchie entre la loi de dieu et celle des hommes. Question que l’Etat n’a certainement pas à se poser. 

Cette déclaration est-elle vraiment nécessaire ? 

En l’an 200 quand la Mishna, premier recueil de lois juives, de tradition jusque-là orale, a été mise par écrit certains rabbins se lamentaient, constatant que s’il fallait écrire les règles… c’est qu’elles n’étaient pas respectées. D’autres se réjouissaient, au contraire, de les voir ainsi clairement établies. Il en va de même pour les valeurs de la république, dit Haïm Korsia le grand rabbin de France qui répond (en bon rabbin) par une question : Faut-il se réjouir ou se désoler que les valeurs de la république soient rappelées par ce projet de loi ? En réalité, les églises n’ont pas envie que l’Etat s’immisce dans leur monde associatif. Imaginez une association religieuse (pas les églises elles-mêmes qui ont statut particulier) mais une association de la sphère catholique qui aurait dans ses statuts cette clause : que son président soit un prêtre… donc un homme. Est-ce qu’un membre de l’association, puisqu’elle est financée en partie par l’Etat (avec la défiscalisation des dons) pourrait la poursuive, sur la base du respect des valeurs de la république, pour l’obliger à changer ses statuts et faire évoluer l’église vers la mixité ? Des catholiques progressistes n’attendent que ça et la hiérarchie de l’église le sait et le craint. Certaines associations juives loubavitchs ou évangélistes protestantes ne fonctionnent pas tout à fait (c’est le moins que l’on puisse dire) selon les principes de la déclaration que la loi prévoit… rien à voir bien sûr avec le terrorisme mais les églises s’inquiètent surtout –et se gardent de le dire- des troubles et contestations internes qui pourraient survenir. Alors… est-ce à l’Etat d’aller s’intéresser au fonctionnement de telles associations ? Ceux qui font partie de la tendance de la laïcité très neutraliste, prônent une indifférence totale de l’Etat, rappellent le fameux mot de Hugo ‘L’église chez elle, l’Etat chez lui’… Mais le problème c’est que dans une société ouverte, connectée comme la nôtre… ‘chez lui, chez elle’, perd de son sens. Ce sont les règles des parties communes sur lesquelles il s’agit de s’entendre. Elles ne peuvent être que celle de la République… 

L'équipe
Thèmes associés