C'est dimanche que Nicolas Sarkozy sera intronisé candidat à la présidentielle par l'UMP. Mais à 5 jours du sacre attendu, les tensions sont devenues très vives à l'intérieur du parti de la majorité. Le problème de la politique, c'est que c'est évidemment une question d'idées, de clivages et de stratégie, mais c'est aussi une affaire de pathos, de coeur, de coups de sang et de coup de blues, c'est même parfois une affaire de larmes, on va en reparler. Et objectivement l'UMP en est là. Normalement, l'actuelle majorité devrait se réjouir de sa situation. Préparer sereinement la journée de dimanche. Car jusque là, Nicolas Sarkozy a presque fait un sans faute. Malgré 12 ans de chiraquisme, le futur candidat renouvelle largement le discours à droite, il mobilise un parti qui a triplé de taille, 80 à 90% des militants, élus et ministres sont derrière lui. Sa popularité est bonne. Le rapport de force électoral droite/gauche est largement en sa faveur. Bref de quoi partir confiant à la bataille. Mais voilà la politique, c'est du pathos et des larmes. Et hier notamment, on a vu tout ce curieux mélange à l'oeuvre. Que le patron des députés UMP, Bernard Accoyer, évoque devant les siens ses larmes versées en 97 lors de la dissolution et dise "je n'ai pas envie de pleurer à nouveau", que des députés soient au bord des sifflets pour reprocher au premier ministre son attitude de division; et que Dominique de Villepin en retour ne parvienne pas à se taire mais continue de balancer des poignées de sable dans la machine de guerre de Nicolas Sarkozy - voilà l'humain qui remonte : la rancoeur non digérée des parlementaires à l'endroit de l'artisan de la calamiteuse dissolution et la rage rentrée du premier ministre à devoir accepter l'inacceptable, Sarkozy candidat. Et puis, pour ne rien arranger, l'ambiance n'est guère plus sereine dans le cercle très fermé des proches de Nicolas Sarkozy, chargés de préparer le grand soir. Si vous saviez ce qu'on raconte dans cet entourage ! Le slogan du candidat, "avec Sarkozy, tout devient possible"? Une hérésie s'étrangle un proche, "Sarkozy nous parle encore de lui alors qu'il devrait nous parler de la France", et puis la gauche va le décliner à l'envi. Dès hier soir, les Guignols s'en sont emparés, "avec Sarkozy, tout devient saucisse". On n'a pas fini. Les équipes ? Ne le répétez pas, car le candidat déteste qu'on en parle, mais le rôle de Cécilia Sarkozy est loin de faire l'unanimité. "Elle fait le tri dans les équipes, qui part au QG, qui reste au ministère et à l'UMP, et elle n'est pas forcément la plus compétente pour cela" grince un membre de l'entourage. Voilà... Nicolas Sarkozy a tout pour que dimanche soit le premier jour de sa conquête. Mais on voit bien qu'il lui reste quelques grains de sable à retirer pour que les chenilles de son bulldozer électoral tournent parfaitement. La violence de ses rapports avec le dernier carré des chiraquiens et les grincements de dents de ses propres amis font partie de ses humeurs humaines qui pourraient lui causer du tort.

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