La suppression des repas de substitution (sans porc) dans les écoles de la commune de Beaucaire

Le repas de substitution, ce problème de la République qui n'existe pas en fait
Le repas de substitution, ce problème de la République qui n'existe pas en fait © AFP / GEORGES GOBET

Et là, il faut clarifier encore une fois ce débat, enlever le papier peint laïc de ce qui n’est qu’une politique raciste, un acte de maltraitance. Ce genre d’action, prise sous le sceau de la laïcité,  est un non-sens. Ce qui serait un accroc à la laïcité serait qu’une municipalité cède à une demande de particularisme religieux à la cantine, c’est-à-dire fournisse des repas kasher ou hallal, par exemple. Si cette demande a parfois (très peu en fait) été formulée par des parents particulièrement religieux, heureusement aucune municipalité n’a obtempéré ! En revanche, que la collectivité mette en place, le jour où il y a du porc, un repas tout simplement sans porc, c’est ça l’attitude de facilitation laïque de base. Si l’école publique n’a pas à fournir de repas confessionnels, bien sûr, elle n’a pas à pénaliser les enfants en raison des habitudes ou interdits religieux ou culturels dont ils ne sont pas responsables. Le maire de Beaucaire, qui prétend défendre les valeurs de la République en coinçant les enfants entre un interdit religieux et un interdit administratif, agit, en réalité, à l’inverse. Il n’y a rien d’anti républicain dans le fait de servir du poisson, du bœuf ou un repas végétarien le jour où il y a aussi du porc. Ce qui est exaspérant avec ce débat c’est que les trafiquants de laïcité frelatée, comme le maire de Beaucaire, font  passer l’idée saugrenue selon laquelle un menu sans porc serait un menu communautaire ou de mauvais Français.  

Les repas de substitution sont généralisés en France

Oui et cette histoire est l’exemple même du scandale absurde qui, à force d’être mouliné, gène le combat idéologique, philosophique nécessaire contre les vrais accrocs à la laïcité et empiétement de l’islamisme dans les consciences de ceux qui se sentent rejetés. Parce qu’effectivement, dans les cantines, tout se passe relativement sans encombre, ni surcoût puisque la plupart des selfs proposent quotidiennement déjà plusieurs choix de plats. Il n’y a d’ailleurs (à un ou deux maires LR près et ce maire FN de Beaucaire) plus personne pour soulever cette question. L’affaire semblait réglée pour tout le monde quand, en 2016, en reprenant la tête de LR, Nicolas Sarkozy avait eu l’idée, dans sa stratégie «d’identitarisation» de sa campagne pré-présidentielle, de prévoir l’interdiction des repas de substitutions. «La république ne doit plus céder» disait-il, bravache. Il avait missionné Gérald Darmanin et Henri Guaino (à l’époque encore sarkozystes… le temps passe) pour faire un tour de France des municipalités LR confrontées à ce problème… ce fut vite fait puisqu’il n’y avait pas de problème ! Certains élus municipaux leur parlaient de sujets préoccupants de communautarisme mais aucun d’eux n’y incluait les cantines scolaires. L’ancien président abandonna son projet d’interdiction des repas de substitution pour ne pas créer de conflit communautaire là où il n’y en avait pas. On ne devrait même plus en parler puisque c’est un faux problème qui ne vit que parce qu’on en parle… c'est le dilemme de l’éditorialiste parce que d’un autre côté, comment ne pas évoquer la question –une fois qu’elle est dans le débat- pour lui tordre le cou !

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