On connaît déjà le vainqueur de la Coupe du monde 2018 : c'est... l'Europe !

France-Belgique ce soir. En présence d’Emmanuel Macron, c’est même la première fois qu’il sera au stade pour soutenir les Bleus dans ce mondial… Yael, vous allez nous refaire un édito sur politique et ballon rond ? 

Non, promis, pas de couplet sur la France « black blanc beur » et les politiques qui en profitent… Cela a déjà été beaucoup fait par mes aînés en 98. Non, moi je voudrais vous parler de ce qui devrait nous sauter aux yeux, mais qu’on ne voit pas. Le dernier carré de ce Mondial, c’est l’Europe ! Oui, les Bleus sont en demies, mais ce sont quatre équipes européennes qui triomphent. Sauf que le Mondial, avec ses albums Panini, son chauvinisme de rigueur, fonctionne encore sous le régime des drapeaux et des Etats-nations. Les joueurs n’ont jamais autant franchi les frontières au gré des mercatos, mais on reste aveuglés, bercés par cette petite parenthèse patriotique qu'offre la coupe du monde. 

Et ce que vous dites, c’est que si les pro-européens s’en donnaient la peine, il y aurait de quoi être sacrément fier ! 

Oui, fiers de cette Europe qui nous appelle aux urnes l’an prochain. Tiens, ce serait beau de monter une équipe de l’Union… Bon, compliqué avec 28 joueurs. On pourrait faire deux équipes de 11, avec 3 remplaçants dans chacune. Vous souriez ? C’est bien la preuve que l’idée de citoyenneté européenne ne progresse pas, voire régresse. Edifiante enquête Ipsos publiée ce mardi dans Le Monde : à peine un Français sur deux estime qu’appartenir à l’Union européenne est une bonne chose.

Vous proposiez une équipe à 28, Yael, il y a un instant, mais c’est 27 !

Oui, dans le dernier carré, il y a l’Angleterre du Brexit, en pleine crise politique. L’Angleterre qui jouera demain face à la Croatie, symbole de ces Balkans qui ont soif d'Europe. Les Croates ont voté leur adhésion à 67 % en 2012 ! Et puis il y a notre derby, France-Belgique, le derby des pères fondateurs, Jean Monnet et Paul-Henri Spaak (on lui doit le traité de Rome), avec leurs capitales européennes, Bruxelles d’un côté, Strasbourg de l’autre. 

Ce dernier carré, c’est l’allégorie parfaite de l’Europe, fragile, d’aujourd’hui. Mais la réconciliation Wallons-Flamands que permet le foot en Belgique, pourquoi ne pas la faire à plus grande échelle ? 

Il faut prendre au mot Emmanuel Macron, quand il appelle au "combat" pour les européennes. Hier, à Versailles, c'était le meeting "des progressistes" contre "les nationalistes". Dans ce cas, une suggestion : qu’il ajoute des étoiles dorées sur son maillot des Bleus, ce soir à Saint-Pétersbourg, l'étoile de 98, avec en plus celles du drapeau européen, chiche ! 

Et puis redire à Vladimir Poutine, au nom de l'Europe, qu'il doit libérer le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, en grève de la faim depuis deux mois. Ce serait le minimum. La mort d'un dissident pendant les demi-finales, ça ferait quand même tache, quels que soient nos drapeaux. 

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