La menace d’une deuxième vague du virus assombrit les perspectives de la rentrée. L’état d’urgence sanitaire prend fin aujourd’hui… et on mesure la complexité de la situation.

La menace d'une deuxième vague de covid-19 en France, à la rentrée ou avant, cet été, est très possible
La menace d'une deuxième vague de covid-19 en France, à la rentrée ou avant, cet été, est très possible © Getty / saulgranda

Pour réparer les ravages économiques (et bientôt sociaux), le gouvernement prépare un plan de relance, un coup de booster à l’activité, une tentative de remise en route de l’économie en injectant des milliards pour que le cercle vertueux de la consommation et de la production redémarre. 

Même si ce plan se prétend plutôt tourné vers le moyen terme, pour retrouver un peu de souveraineté et verdir notre économie, l’action du gouvernement tend à faire en sorte que l’activité redémarre vite. 

Le problème c’est qu’en relançant, on augmente les mouvements de la société, les occasions de rencontres et donc la possible circulation du virus

Mais le risque du chaos économique et social (de la vie sociale aussi) est trop grand… il faut donc relancer. C’est inextricable !

Seulement attention, retournant à la vie normale, nous abandonnons (chacun peut le constater) les gestes barrières et l’OMS, comme le conseil scientifique, son président Jean-François Delfraissy, alertent sur le fait que la pandémie n’a pas encore atteint son pic mondial et qu’un regain de son activité en Europe devient plus que probable, après l’été ou même pendant

Le président et le Premier ministre l’assurent : un plan de re-confinement général est prêt mais il faut l’éviter à tout prix, alors on s’oriente plutôt vers des confinements ciblés, par cluster. Ou des dépistages massifs locaux au moindre doute comme aujourd’hui en Mayenne.

En cas de seconde vague, il faut plutôt compter sur la responsabilisation de chacun… 

Maintenant nous savons, nous avons appris à vivre avec les gestes barrières, des masques, du gel, en nous lavant les mains souvent. Les entreprises peuvent rapidement, sans cesser leur activité, remettre en télétravail une partie de leur personnel. Les obligations formelles comme celle de porter un masque dans les transports, sont globalement respectées… 

Mais depuis quelques semaines, chacun note un relâchement dans l’espace public, les commerces et les entreprises… les masques se font beaucoup plus rares, on se serre parfois à nouveau la main, une sorte d’attitude bravache "aller, on s’embrasse quand-même" (on l’a même vu au moment des passassions de pouvoir de ministres) inquiète les professionnels de santé. 

Surtout, il y a deux France :

  • celle qui a eu l’expérience de la puissance de l’épidémie, la France des ex-zones rouges, le Nord-Est et la région parisienne, 
  • et la  France qui est toujours restée en vert et pour qui la réalité du confinement et des gestes barrières a été plus souple…

Saura-t-elle adopter rapidement les attitudes dont elle n’a pas pris les habitudes s’il y avait une seconde vague ? 

C’est ce qui inquiète les responsables sanitaires. A partir de maintenant, en réalité, il ne faut plus tout attendre de l’Etat. Il y a assez de masques disponibles, on peut facilement se faire tester. A l’Etat de mettre tout en œuvre pour que l’économie reparte, et traiter les éventuels clusters… à nous, les citoyens, individuellement de ne pas oublier les gestes barrières. 

N'oublions pas les gestes barrières
N'oublions pas les gestes barrières © AFP / JENS BUTTNER / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance via AFP
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