Maladie de l’hégémonie...

 C’est  une maladie politique française... qui trouve dans nos institutions un  bon bouillon  de culture. Chaque parti veut tout pour lui, être une armée en ordre de  marche et ne rien négocier. Pas d’alliance possible, seuls les  ralliements sans conditions et les allégeances sont de mise. Le  compromis, chez nous ? Une compromission ! Un accord de partis ?  De la tambouille ! On aurait pu penser qu’avec Emmanuel Macron, qui  avait vanté le dépassement du clivage gauche/droite et la recherche  (disait-il) de l’intelligence collective, la France sortirait de la  culture du tout ou rien, du ‘moi ou le chaos’ !  C’est l’inverse qui s’est produit. Le mode de gouvernance du président  et l’offensive de débauchage opérée par LREM prouvent qu’Emmanuel Macron  ne veut pas spécialement passer à une culture démocratiquement plus  adulte : celle du compromis. Alors que dans  la réalité, c’est ce qui va se passer pour nombre de mairie (des  coalitions, des accords d’appareils), tout est dit, en ce moment, pour  que l’on comprenne que, hors La République En Marche, point de salut. La  tribune de Marlène Schiappa, hier, dans le JDD,  qui appelle les membres des autres mouvements à je cite ‘préférer leur pays à leur parti’  en rejoignant les marcheurs, est un symptôme caricatural de la maladie  de l’hégémonie ! LREM, selon Marlène Schiappa,  serait la France, là où  les autres partis  ne seraient que des organisations partisanes ! De façon moins outrée,  certes, les propos de Yannick Jadot, en ce moment, procèdent de cette  même manie hégémonique, du ‘sans nous, point de salut’ alors que  dans de nombreuses municipalités, les écolos  sont associés à des majorités diverses pour faire avancer leurs idées.  Après tout, on a longtemps reproché aux Verts de ne pas comprendre la Vème...
Là, ils la comprennent !
Effectivement,  en insinuant que les socialistes ne seront jamais assez écologistes, en  refusant  l’idée que le gouvernement pourrait être en train de changer sur ce  thème, Yannick Jadot participe, lui aussi, à la violence de nos débats, à  la disqualification réciproque et donc à la monté de la défiance  globale. La ligne Jadot reste, certes, flottante.  Mais en ce moment, il parle des autres forces de gauche, comme JL.  Mélenchon le faisait, au temps de sa domination post-présidentielle. Il  veut un maire Vert à Paris. Quoi de plus normal. Faut-il pour autant  refuser de reconnaître que, par rapport à sa culture  initiale de socialiste, Anne Hidalgo fait faire à sa ville des pas  courageux vers l’écologie ? Il est normal que Yannick Jadot souhaite que  le prochain président vienne de ses rangs. Faut-il pour cela considérer  que les récents gestes écologistes d’Emmanuel  Macron ne sont que cynisme, nuls et non avenus? Bien des Français sont,  eux-mêmes, en transition et Yannick Jadot devrait sans doute les  accompagner sur ce chemin plutôt que de laisser entendre que n’être pas  déjà écologiste comme lui, c’est ne pas l’être  du tout… Certes, l’hégémonie c’est la logique de la Vème  et  de l’élection présidentielle. Ça peut aussi conduire à l’effondrement  comme pour LFI. Parce qu’en démocratie, quand on est dans ‘le tout ou rien’ …on peut gagner ou perdre mais au fond, politiquement,  c’est toujours le rien qui l’emporte.
 
 

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