Port de Saint-Nazaire
Port de Saint-Nazaire © MaxPPP / Franck Dubray

Ici, à Saint-Nazaire, vous faites le point sur un vieux débat : le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne !

C’est un débat ravivé ces derniers temps par la volonté de François Hollande de simplifier la carte administrative du pays. Une Loi devrait être discutée en juillet pour encourager les collectivités locales à fusionner. Par le passé, pour inciter les communes à se regrouper, l’État leur promettait des avantages financiers. Aujourd’hui il n’y a plus d’argent, du coup, les collectivités qui se complairont dans l’immobilisme verront leur dotation amputée.

On passe donc de la carotte au bâton. Pour l’instant, on sait que les deux départements alsaciens ont des velléités de se fondre dans la région Alsace, que la ville de Lyon et le département du Rhône ont prévu de regrouper leurs compétences.

Mais dans l’Ouest, il y a assez peu d’initiatives. Il y a bien une réflexion sur la cohérence deux régions normandes ou de la Picardie, mais pour l’instant, c’est à peu près tout. Le mouvement des bonnets rouges –un peu essoufflé- est venu réveiller cette vieille idée de rattacher à la Bretagne ce qui est pour eux le 5ème département breton, la Loire-Atlantique et Nantes avec le château des ducs de Bretagne. Ils organisent même une manifestation sur ce thème le 19 avril.

La Loire-Atlantique ce serait 20% de la population d’une Bretagne grande (on ne peut pas dire « d’une grande Bretagne », c’est déjà pris !) mais 35% de sa puissance économique, avec Nantes et Saint-Nazaire.

Et ça a une chance d’aboutir ?

Un député influent, Jean-Jacques Urvoas (du Finistère) a présenté un projet un peu en ce sens, il y a 15 jours. Il propose la constitution d’une Assemblée de Bretagne, qui effacerait les départements et inclurait la Loire-Atlantique. Mais lui-même en convient : c’est mal emmanché. Les élus bretons sont dubitatifs. Surtout les Rennais. Ils craignent l’influence de Nantes.

Il y a plusieurs façons d’envisager la simplification de la carte administrative. Une vision Historique, identitaire… cette vision serait plus encline à considérer que les Pays de la Loire doivent se rapprocher de la Bretagne. Mais si l’on observe les cohérences de la vie économique, universitaire, hospitalière même, il en va autrement.

Il faut regarder, par exemple, comment les opérateurs privés, les banques chargées d’irriguer l’économie ont pris de l’avance et ont fait leur propre découpage de la France, plus rationnel que le découpage politique actuel. Pour eux, Nantes et Saint Nazaire sont tournés vers le Centre.

Selon Thierry Mandon, nommé « Monsieur simplification » par François Hollande, la vie économique privée et publique a déjà pris des acomptes sur les regroupements futurs des régions. Les élus locaux devront (pour proposer des regroupements) tenir compte de critères –pas toujours raccords- historiques, identitaires et économiques. Ou alors, plus probablement, il faudra une démarche jacobine pour imposer, d’en haut, une carte de France avec seulement 14 ou 15 grandes régions, la fin des départements en zone urbaine et de grandes métropoles ?

Nous n’en sommes qu’au début d’un processus qui va requérir une grande autorité présidentielle, c’est dire si nous n’en sommes qu’au début ! Pour aider le Président, je propose que l’on fasse voter le public du théâtre de Saint-Nazaire présent ce matin ? Qui est pour ? Qui est contre ? Les résultats ne sont pas très nets.

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