Bruno Le Maire réclame la démission de Jean-Pierre Jouyet, accusé d’avoir menti dans l’affaire du déjeuner Fillon/Jouyet

Alors si tous ceux qui démentent des propos qu’ils ont effectivement tenus doivent démissionner, il n’y aura bientôt plus dans la vie politique que Nadine Morano, qui ne semble pas connaître le Off ! Au fond, quelle est la faute de JP Jouyet ? Il a démenti l’information de Gérard Davet et Fabrice Lhomme selon laquelle François Fillon lui aurait demandé que l’Elysée pousse les feux de la justice contre Nicolas Sarkozy. Il a démenti partiellement, puis s’est empêtré dans des explications contradictoires. Mais prenez la page 2 du Canard Enchaîné, les premières pages de tous les hebdos…demandez à tous les protagonistes qui apparaissent dans ces pages de confirmer ou infirmer ce qu’on leur fait dire… ils démentiront. Et c’est bien normal, puisque ce sont soit des propos rapportés et qui n’étaient pas destinés à l’être, soit (plus pervers mais très courant aussi) des propos rapportés, qui étaient destinés à l’être mais que ceux qui les ont tenus ne peuvent pas assumer publiquement. « Dites-le si vous voulez mais bien sûr je nierai avoir tenu ces propos même sous la torture » ; Combien de fois a-t-on entendu cette phrase de connivence ? Il vous est certainement arrivé, Monsieur Devedjian, de devoir démentir des propos que vous avez tenus et que vous ne pouviez décemment pas assumer publiquement ou qui ont été divulgués contre votre gré. C’est un jeu assez malsain et, reconnaissons-le, les journalistes politiques en sont plus responsables que le personnel politique.

Donc, là ce n’est pas le mensonge de Jouyet qui est en cause !

Non, pas celui dont on parle en tout cas ! D’autant que si Jean-Pierre Jouyet a menti dans son premier communiqué, c’est peut-être pour s’aligner sur la version de celui qui était son ami, il y a encore quelques jours : François Fillon ! Le vrai mensonge est ailleurs : François Fillon a-t-il oui ou non demandé à l’Elysée d’accélérer les procédures contre Sarkozy? Fillon dit que non, Jouyet - selon le communiqué de l’Elysée - dit que non, et Jouyet, dixit Davet et Lhomme et leur enregistrement, dit que oui. L’inconvénient, c’est que François Fillon et Jean-Pierre Jouyet ont plutôt, dans le milieu politique, la réputation de ne pas être les plus tordus. Que s’est-il vraiment dit pendant ce déjeuner ? Nous voilà devant une parole invérifiable de Fillon contre une parole invérifiable de Jouyet. François Fillon, qui veut être président, est obligé d’accuser son ami et de faire d’un probable témoin un probable accusé et sans doute, au bout du compte, une victime. Mensonges, consanguinité politique, trahison, voilà qui fait chauffer notre désormais fameux instrument de mesure : le CBPLFN (C’est Bon Pour Le Front National)… classique de l’analyse politique automatique. Pour les affaires qui touchent finalement principalement l’UMP, on peut même créer le CABPAJ (C’est aussi bon pour Alain Juppé)… très en vogue dans les commentaires ces derniers jours…

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