Tenter un exploit : expliquer ce qui se passe à gauche... et au PS en particulier. Hier, Hubert Védrine, qui était l'invité de France Inter, spécialiste de géopolitique et socialiste, a parlé de la situation internationale. C'était très claire et dès qu'il a parlé du PS, on n'a plus rien compris ! Donc on va essayer de clarifier tout ça ! Que se passe-t-il à gauche ? En gros, nous sommes en présence de 4 forces politiques dont 3 utiles, c'est-à-dire 3 qui peuvent s'allier pour constituer une alternative à la droite. Les 4 forces sont les suivantes : le modem de François Bayrou qui désormais est clairement dans l'opposition ; Le PS, bien sûr ; le troisième pôle, plus petit, se constitue autour des verts ; et enfin, la LCR nouvelle formule...le NPA. Cette dernière force est la force inutile pour l'alternance puisqu'elle ne veut pas accéder au pouvoir. Nicolas Sarkozy s'emploiera à favoriser le NPA d'Olivier Besancenot tout comme, en son temps, François Mitterrand avait aidé le Front National. C'était la cartographie politique de la gauche. Le seul objectif qui compte, c'est l'élection présidentielle. Et c'est logique puisqu'elle est -encore plus depuis le quinquennat- le seul vecteur d'alternance possible. Les législatives suivent. Voilà pourquoi, par exemple, dans les 4 forces en présence dont on a parlé, je n'ai pas évoqué le PC. Il n'existe plus qu'au niveau local et encore selon l'intérêt du PS. Donc si l'on reprend les trois forces utiles : Modem, PS, écolo, on se rend compte qu'elles sont, d'une certaine façon, complémentaires. Le Modem a un vrai leader, François Bayrou. En ce moment, c'est le seul opposant efficace. C'est lui, qui a mis le feu à l'affaire Tapie, qui a réveillé l'opinion sur le fichier EDVIGE. Mais le Modem n'a pas de troupes, pas d'élu et un programme mal identifié par les Français. Le PS, lui, n'a pas de leader saillant. Que ce soit Bertrand Delanoë, Martine Aubry ou Ségolène Royal qui l'emporte à Reims, en novembre, les deux autres n'attendront que les erreurs du gagnant et se prépareront, quoiqu'il arrive, pour être désignés par leur parti en 2012. Ils risquent de s'user les uns les autres. De plus, les socialistes ont un sérieux problème d'identité. Ils ont, dans les faits, accepté l'économie de marché depuis 1983, mais dans le discours, c'est assez récent. Maintenant qu'ils revendiquent la sociale démocratie et qu'ils prétendent encadrer les effets du capitalisme, celui-ci devient plus sauvage que jamais et apparaît comme difficilement pondérable. Enfin, la nébuleuse écologiste (de José Bové à Nicolas Hulot) est totalement désorganisée et hétéroclite, mais elle développe, sur le fond, un modèle alternatif cohérent par rapport à l'évolution du monde. D'ailleurs, toutes les autres forces politiques puisent dans son programme ! Si l'on reprend ces trois forces, finalement, il y a tout : un leader, des troupes, une perspective mais dans 3 mouvements différents. Comment constituer une force susceptible de gagner contre Nicolas Sarkozy ? Pour l'instant l'équation est complexe mais l'épicentre de toute alternative reste au PS, seul capable de réunir les autres et de capter une partie des voix de l'extrême gauche. Il faut simplement qu'il survive à sa guerre des chefs, que les écologistes survivent à leur organisation aussi mature politiquement qu'une assemblée générale d'étudiants de première année de sociologie. Et enfin que François Bayrou tienne 4 ans sa cadence survitaminée ! Le PS n'y est pas encore prêt mais si François Bayrou tient bon, il faudra bien que le Modem et les socialistes s'entendent pour les législatives et pour le second tour de la présidentielle, que ce soit le socialiste ou François Bayrou qui soit en situation ! La question du Caucase à côté, c'est la méthode rose.

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