Le Président Hollande a voulu hier fixer un cap et imprimer un rythme.

Oui, et le cap, c’est 2014. D’ici 2014, il ne faudra s’attendre qu’à des sacrifices et à la rigueur (ce ne sont pas ses mots mais c’est le sens du discours). Après, on verra… La deuxième partie du quinquennat sera consacrée à améliorer la vie des Français pour que (là, ce sont ses mots) « les français vivent mieux en 2017»… On passe peut-être un peu vite sur la façon d’aller jusqu’en 2017, date à laquelle on est quand même censé atteindre l’équilibre des comptes ! En attendant, il faut trouver 30 milliards dans le prochain budget. Rien de très nouveau mais c’est dans le ton et le vocabulaire, dans la gravité et la détermination qu’il faut chercher le message. Sur la fiscalité, bien sûr, ce seront les grandes entreprises et les ménages les plus fortunés à qui on demandera le plus mais on comprenait bien (et c’est une différence notable avec le ton de la campagne) que chacun, même les plus petits, allaient devoir faire des efforts et ne rien revendiquer avant 2014. Sur les 10 milliards d’économie, il y a les trois sanctuaires (toujours les mêmes) ; éducation, sécurité justice. Tout le reste baissera ! Ne pas « dépenser un euro de plus en 2013 par rapport à 2012 » c’est en réalité baisser les dépenses. Le cap et le rythme sont maintenant assez clairs.

François Hollande s’est montré plutôt fataliste sur sa baisse de popularité et les critiques qui pleuvent sur lui !

C’est vrai, il a dit « c’est la vie politique » et « je comprends les impatiences ». François Hollande doit disposer d’enquêtes qualitatives, en plus des enquêtes quantitatives que l’on voit dans la presse. Ces enquêtes montrent que la déception et l’inquiétude sont là mais que l’homme, François Hollande garde du crédit et que sa façon de gouverner n’est pas remise en cause. Il n’y a pas de divorce entre le Président et la population comme certaines « unes » peuvent le laisser croire. Dès lors, et une fois que le cap et le rythme sont fixés et compris, il ne s’agit plus que de politique. Il n’y a plus qu’à assumer ! La ligne très « rigueur de gauche » va être contestée et peut menacer la cohésion de la majorité. C’est sans doute pour ça que François Hollande a prononcé une phrase clef, une phrase de rupture avec la musique habituelle du PS. Il a dit ne pas vouloir réduire les déficits par obligation mais « par conviction » ! C’est une profession de foi très forte. Pendant ces périodes, une facilité de commentaires nous a fait souvent répéter la maxime de Churchill : « Du sang, de la sueur et des larmes… » mais il y a en France et à gauche la référence historique adéquate pour qui veut mener une politique de sérieux budgétaire. On peut contester le bien-fondé de cette politique et affirmer comme la gauche du PS ou le Front de gauche que le remède de la rigueur finira par achever le malade, mais le nouveaux ton de François Hollande a bien une paternité : Pierre Mendès-France. Sa politique, plus rigoureuse qu’orthodoxe n’a jamais vraiment été appliquée. Cette grande figure presque oubliée de la gauche française dont Jacques Julliard dit, dans son livre « Les Gauches Françaises » qu’il « il ne croyait pas en l’argent facile ni à la fuite en avant de l’endettement » n’aurait sans doute pas renié le discours d’hier soir. Comme si hier soir François Hollande avait claqué la porte au mitterrandisme qui lui aura servi à être élu pour l’ouvrir au mendésisme qui devrait l’inspirer pour présider. Vaut mieux ça que le contraire !

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