Oui, Martine Aubry s’apprête à faire des propositions pour infléchir la politique du gouvernement. La maire de Lille écrira un long texte fin septembre en ce sens. Ce sera sa contribution aux états généraux du PS destinés je cite, « à reformuler l’identité du parti ». Mais en attendant, ici ou là (deux fois depuis trois jours) Martine Aubry cède à cette mode des cartes postales inventée par Nicolas Sarkozy depuis 2012. Maintenant ceux qui s’astreignent à une diète médiatique maintiennent quand même une veille par le biais de cartes postales plus ou moins sonores. « Je ne suis pas dans le jeu politique, je ne suis pas dans le jeu politique, je ne dis rien, je ne dis rien » répètent t’ils pour montrer en fait qu’ils sont bien là. Au moins en ce qui concerne Nicolas Sarkozy. Pour Martine Aubry, je ne suis pas certain que ce soit à ce point maitrisé ! Toujours est-il qu’Aubry et Sarkozy, sensément en retrait pour favoriser la réflexion, ressemblent plus à Rémi Brica, l’homme-orchestre qu’à Saint Siméon, anachorète perché sur sa colonne. De la difficulté de se taire quand on ne veut rien dire, à l’heure de BFM TV et d’I-télé ! La pression et la tentation médiatique pèsent lourdement sur les retraités volontaires. A tel point que, s’agissant de Sarkozy, la question de savoir comment, par où et quand il reviendra semble plus importante que de savoir pourquoi!

D’ailleurs son entourage fait savoir que Nicolas Sarkozy va nous surprendre !

Oui, ils nous préviennent avec gourmandise ! Nous surprendre, non pas parce qu’il serait devenu gauchiste, bouddhiste, décroissant…mais parce qu’il fera sa déclaration par un canal surprenant… le média, la forme sera surprenant. Surprenant comme Facebook, par exemple… Ce ne sera donc pas Facebook parce que tout le monde dit que Nicolas Sarkozy annoncera son retour via Facebook ! De son coté, Martine Aubry explique depuis dimanche dans ses cartes postales qu’elle est d’accord pour que l’on réduise les déficits mais sans non plus mettre en péril les maigres chances de croissance. Dit comme ça, c’est exactement ce que dit le gouvernement. Dans ce genre de débat, tout est dans le détail et, par nature, dans les cartes postales il n’y a pas de détails. Manuel Valls répond, depuis l’Italie avant-hier et la Tunisie hier, mais lui c’est par lettres recommandées avec accusé de réception. En réalité Martine Aubry en dit trop ou pas assez. Ça ne lui ressemble pas. Ses cartes postales sont destinées à valider et estampiller la démarche des frondeurs, on l’a bien compris. De son coté, Manuel Valls sur-joue l’autorité. C’est un théâtre d’ombre propre à se dessiner leur personnages pour l’après Hollande. Tout ça n’est pas passionnant et l’on a hâte de voir le contenu, dans la longueur et le détail, des solutions proposées par Martine Aubry, ainsi que de découvrir, les raisons de fond, le résultat programmatique des longs mois de réflexion, de Nicolas Sarkozy. Parce que « bon baisers de la braderie de Lille » ou « douce pensées du Qatar », ça fait un débat assez limité !

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