Ce matin, le nouveau Mélenchon !

Oui, le sujet ici n’est pas le Mélenchon naïf, roulé dans la farine samedi lors de ce rendez-vous savamment improvisé avec le président dans les rues de Marseille, au cours duquel il est apparu tout miel, n’osant plus assumer d’avoir traité en tribune Emmanuel Macron de «grand xénophobe» ! Non, je parle du Mélenchon tactique, saison automne-hiver 2018/2019, un Mélenchon en peluche, tout câlin... avec ses éventuels partenaires de la gauche à reconstruire. Fini la stratégie du dépassement de la gauche et du populisme assumé. Hier, celui qui était arrivé 4ème à la présidentielle avec un beau score avait décidé de se montrer magnanime et même accueillant, quasi christique : «laissez venir à moi les socialistes», avait-il l’air de dire à ses ex- et (espère-t-il futurs) camarades, lors de l’Université d’été de Nos causes communes, club qui réunit la gauche du PS et le MRC, l’ex parti de Jean-Pierre Chevènement. « _J’ai le cœur plein d’enthousiasme si vos chemins viennent en jonction avec les nôtres. » Appréciez la prudente circonvolution, «si vos chemins viennent en jonction»,_ ça fait quand même plus mouvement citoyen collaboratif que «suivez mon panache blanc !»… «Que finisse cette longue solitude pour moi d’avoir été séparé de ma famille. Vous me manquez» poursuivait-il, très Sarah Bernhardt, devant un parterre de socialistes quasi conquis. Il ne manquait plus que les violons,  une pluie de pétales de roses, pour ce remake d’Amour, gloire, socialisme et beauté... « Je ne suis pas venu pour vous séduire », avait-il commencé par dire. Qu’est-ce que ça doit être quand il décide de séduire ! On se moque mais Jean-Luc Mélenchon entame là une démarche logique alors que LFI est devenu central et dominateur à gauche. Ce statut donne à Jean-Luc Mélenchon des responsabilités, l’oblige à se montrer rassembleur s’il veut passer de 1er opposant à alternative politique crédible.

Il se met dans les pas d’un François Mitterrand au temps de l’Union de la gauche ou d’un Lionel Jospin au temps de la Gauche plurielle ?

Et bien non, les temps ont changé et Jean-Luc Mélenchon fait l’analyse (assez pertinente) que les Français ne veulent plus d’accords de partis... _«Il n’y aura pas -_dit-il- d’arrangements ratatouille, ni de rassemblement des débris de la vieille gauche». Le but c’est une «convergence citoyenne» sur un programme... Alors, évidemment, derrière ce sabir, tout le monde comprend qu’il s’agit de suivre le «panache blanc» du chef ! D’autant qu’il proclame dans un même élan « La crise du leadership populaire est réglée : me voici ! ». Sur le fond, JL. Mélenchon ne concède rien à ce morceau de la gauche prêt à le rejoindre. Tout au plus les caresse-t-il dans le sens de leur poil républicain à peu de frais, en leur disant à quel point il adore chanter La Marseillaise (ça fait toujours son effet sur un chevènementiste). Et tant pis si cette façon de faire, ce bonapartisme de gauche, est à cent lieues de l’esprit parlementariste (donc de compromis et de coalition) de la VIème République qu’il prône par ailleurs. Mais bon… c’est bien connu, la politique, c’est l’art de gérer ses contradictions…

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