Aucune liste de gauche ne se détache pour les européennes.

Non, rien n’y fait ! Aucune dynamique, aucune voix ne porte plus que les autres (et aucune ne porte très loin) alors que les têtes de liste sont maintenant installées médiatiquement. La gauche affiche un encéphalogramme plat et mou. Le communiste Yann Brossat, se fait remarquer par sa clarté mais ça ne change rien pour ses intentions de vote ; la liste Hamon, flirte dangereusement avec la barre des 3% sous laquelle les candidats ne sont même pas remboursés de leur frais de campagne. La liste Glucksmann (avec le PS) est pointée à, à peine plus que 5%. 5% c’est l’autre limite problématique au-dessous de laquelle aucun député n’est élu... Ce serait la 1ère fois, depuis la création du parlement européen (sous cette forme en 1979), que le PS serait absent de Strasbourg ! Les verts de Yannick Jadot s’érodent doucement, autour de 7/8%. LFI et Manon Aubry sont maintenant juste au-dessus entre 8 et 9, soit plus de 10 points de moins que Mélenchon 2017 ! 

Certaines de ces listes peuvent-elles encore se regrouper pour éviter l’échec généralisé?

Elles ont jusqu’au 22 avril... date du dépôt des listes. Mais il n’y a plus de velléités de rapprochement, même en coulisse. Il se murmure juste que Yann Brossatdu PC et Benoit Hamon, de Génération y réfléchissent pour eux même. Mais, comme l’a constaté Hamon en 2017, en politique, la différence entre addition et soustraction n’est pas évidente quand il n’y a pas de dynamique! Raphael Glucksmann, délaisse même son habit de ‘SuperUnifikator’ de la gauche et se donne maintenant comme mission de travailler à un verdissement du groupe social-démocrate à Strasbourg et a un rapprochement avec le groupe verts. Encore faut-il être élu ! L’essayiste en est à jouer du charme de son ‘décalage  rafraîchissant’ pour tenter de convaincre les électeurs de son authenticité. Oui parce qu’en politique ‘amateurisme’ se ‘décalage rafraîchissant’. De son côté, Yannick Jadot continue à faire le pari qu’au moment de voter, les électeurs de gauche se tourneront vers sa liste, qui a l’avantage de l’antériorité et de la pureté écologique, seule proposition politique nouvelle qui progresse en Europe. Mais c’est un pari ! Dans cette affaire, ce sont les écologistes, du fait de leur victoire culturelle, qui avaient la responsabilité de rassembler. Yannick Jadot ne l’a pas voulu. Pourtant les écologistes n’ont le pouvoir nulle part en France (sauf à Grenoble avec Eric Piolle) mais partout ils coopèrent avec les socialistes et parfois, en électrons libres, avec la droite. Ils répètent que le temps presse pour la planète, mais ils n’ont pas le caractère pour accélérer eux-mêmes politiquement et passer du statut de wagon de la gauche à celui de locomotive. La responsabilité en incombe à Yannick Jadot. Et aussi aux cadres d’EELV qui (même s’ils ne sont, pour la plupart,  pas d’accord avec la stratégie soliste de Jadot) laissent faire parce qu’ils sont toujours englués dans leur culture associative de contre-pouvoir. Ils ont été les 1ers à avoir eu raison sur le fond. Pourtant, ils agissent comme s’ils étaient les derniers à comprendre leur responsabilité historique !

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