Comment va Dominique de Villepin, le premier ministre, en cette fin d'année ? A-t-il définitivement renoncé à toute autre ambition que celle de rester à Matignon jusqu'au bout ? Difficile à dire, car chez Dominique de Villepin, confidence d'un élu UMP, il y a le ying, et le yang. Côté Ying. Le premier ministre assure, depuis que Nicolas Sarkozy est enfin un candidat déclaré, qu'il est ravi de la "sérénisation" du débat. Sérénisation c'est pas très français, mais qu'importe pour un poète ! Dominique de Villepin dit sa satisfaction de voir enfin "chacun à sa place", chacun dans son rôle; et s'il évacue assez vite le rôle de Nicolas Sarkozy candidat, il est intarissable sur le sien, citant à l'envie tous les rendez vous qu'il donne aux français; conférence sur l'emploi et les revenus jeudi, conférence sur la croissance en janvier, 2ème conférence sur le désendettement... Un brin dythirambique, il aime expliquer que grâce à son action continue, jusqu'au dernier jour dans un contexte difficile, et bien il participe à sauver la "politique du soupçon". ça c'est le côté ying de Dominique de Villepin. La politique avec un grand P comme dirait Jacques Chirac, la politique sans ses oripeaux d'ambitions. Le côté ying qui lui fait répéter depuis quelques jours, qu'il "accepte les règles du jeu de sa famille", car lui de toute façon se veut ailleurs. Ailleurs, on l'aura compris, dans la grande oeuvre de réhabilitation de la politique. C'est celui qui fait qu'il ne renonce jamais. Tapi au fond de lui, il a toujours l'espoir sinon la conviction, que Matignon n'est pas son horizon indépassable. "Féru de hautes destinées, ce n'est pas un obsédé de l'élection, confie un villepiniste, mais il trouverait naturel, juste naturel, que ce soit lui, l'Elu". Le côté yang de Dominique de Villepin, c'est qu'il a, au sujet de l'élection présidentielle, 2 convictions La première, qu'il tait en public, c'est que n'importe qui ne peut être président de la république, qu'il ne faut pas confondre popularité éphémère, et aptitude à représenter la France et les Français. Et dans ce n'importe qui, il place Nicolas Sarkozy. La seconde qu'il répète comme un mantra : il a l'intuition dit-il, en tout cas l'expérience, que tout se jouera en février/mars, et que les français sont rebelles au choix imposé, Chirac/Balladur, Chirac/Jospin, il faut revenir de loin pour devenir président croit-il. Après le premier débat UMP samedi, Michèle Alliot-Marie semble disqualifiée pour représenter l'alternative à Sarkozy, alors pourquoi pas lui, plus tard, le plus tard possible, hors UMP évidemment ? Rationnellement, arithmétiquement, il sait qu'en 2007, ce n'est pas son tour. Mais poétiquement, romantiquement, et même politiquement, Dominique de Villepin croit dur comme fer, qu'il reste un espace, grand comme le chas d'une aiguille, par lequel il pourrait se faufiler pour être Naturellement, élu... Même si pour beaucoup, cette hypothèse relève désormais plutôt du surnaturel.

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