de passage à bangui, françois hollande rend hommage aux deux soldats tués
de passage à bangui, françois hollande rend hommage aux deux soldats tués © reuters
[**François Hollande était hier soir en Centre Afrique …** ](http://www.franceinter.fr/dossier-une-mission-dangereuse-mais-necessaire) Ou sa supposée incapacité à trancher ne se remarque pas spécialement ! Il faut d’abord tordre le cou à une idée qui se répand et qui voudrait que le président multiplie les interventions militaires avec, comme objectif, de trouver sur la scène internationale l’aura qu’il n’a plus sur la scène nationale (Il se disait la même chose pour l’intervention en Lybie voulue par Nicolas Sarkozy). On peut quand même encore espérer que les nécessités géopolitiques et humanitaires priment sur les autres facteurs –plus politiciens- quand il s’agit d’engager des opérations militaires et risquer des vies. Que ce soient de bonnes décisions ou non est un autre sujet. Mais il est vrai qu’on a le sentiment que François Hollande a l’audace sélective. Une audace qui se manifeste plutôt hors des frontières du pays. En réalité cette impression vient du fait que dans le cadre de l’impuissance publique généralisée…La seule manette qui semble répondre encore un peu c’est la manette militaire et les opérations extérieures. Le président paraît, comme son prédécesseur, incapable de réformer le pays en profondeur, et surtout d’obtenir des résultats tangibles sur les questions économiques et sociales, (qui dépendent largement de la croissance mondiale) en revanche quand il prend une décision sur le plan militaire, là, la réalité du terrain change. Si ça n’est pas encore le cas à Bangui, ça l’a été au Mali. **Rien n’assure, pour l’instant que ces décisions militaires et géopolitiques sont les bonnes !** Non, rien ne l’assure encore. Depuis que la charia a été adoptée en Lybie on commence à avoir une idée du résultat de l’intervention décidée par Nicolas Sarkozy dans ce pays. Mais pour le Mali et, à fortiori, pour la Centre-Afrique, c’est trop tôt. Au moins, la politique africaine de François Hollande est-elle audacieuse et assez novatrice. C’est ce que l’on peut constater aussi avec la présentation, aujourd’hui au conseil des ministres du projet de loi qui réforme les conditions de l’aide française au développement. Jusqu’à maintenant cette aide (principalement en direction de l’Afrique) était votée globalement et une certaine opacité était de mise quant à l’utilisation des fonds. C’était le règne de ce que l’on appelait la France-Afrique, des relations troubles et intéressées entre Paris, des intérêts privés et les dirigeants africains. Beaucoup était décidé au sein d’une cellule Afrique sise à L’Elysée. Il n’y a plus de cellule Afrique (Pour l’instant, du moins et de ce que l’on sait). François Hollande, contrairement à nombre de ses prédécesseurs, n’a pas de relations particulières avec l’Afrique, pas d’amitiés affairistes ou chargées d’affectivités post coloniales. Et c’est plus sain comme ça. Le projet de loi présenté par le ministre du développement vise à assurer que l’aide (qui reste faible, 0,46% du PNB) est vraiment une aide au développement des pays pauvres. Le parlement pourra enfin contrôler l’utilisation des fonds alloués. Les interventions militaires et la nouvelle doctrine de l’aide au développement font de la politique africaine, l’un des seuls domaines où l’audace semble se manifester, ou du moins où elle se voit ! Ces interventions seront-elles efficaces à moyens et à long terme ? Au moins, sur ces questions, pourra-t-on dire, « François Hollande a eu raison » ou « il a eu tord » alors que pour l’instant, sur le chômage, sur les déficits, on peut simplement constater qu’il ne peut pas. ### Aller plus loin : [Centrafrique : une mission "dangereuse, mais nécessaire" ](http://www.franceinter.fr/dossier-une-mission-dangereuse-mais-necessaire)
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