Ce sont les électeurs de gauche qui feront le deuxième tour, dites-vous…

Oui parce que les électeurs du FN vont voter FN, les électeurs de droite vont voter à droite…et les électeurs de gauche… et bien ce n’est pas si simple… Dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, en PACA… mais aussi dans le Grand Est, ce sont clairement eux qui apporteront, ou pas, le gros de la troupe pour faire éventuellement élire les candidats LR. Et là où il y a un candidat socialiste en position de l’emporter (finalement dans 5 ou 6, peut-être 7 régions quand même) et bien on verra si ce terme « le rassemblement des forces de gauche » est toujours pertinent. Dans sa déclaration qui sentait bon la naphtaline, Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, au soir du 1er tour, évoquait le « bloc de gauche »… on croyait deviner derrière lui Robert Fabre et George Marchais… ce terme, en réalité, ne rime plus à rien. Le PS et les écologistes sont divisés, même si leur brouille n’est que conjoncturelle… Mais surtout, la gauche de la gauche (c’est-à-dire le FG) et le gouvernement à tendance social libéral de M.Valls et E.Marcon, semblent maintenant irréconciliables.

Mais dans les municipalités, les départements et les régions, les gauches arrivent encore à s’entendre !

Oui mais la situation devient schizophrénique entre l’accord local et le niveau inédit de la dissension nationale. Manuel Valls lui-même, dans plusieurs déclarations, montre qu’il considère que le paysage politique de demain passe sans doute par un éclatement des structures actuelles et que les modérés de gauche et de droite devraient établir, dans un avenir indéterminé, un grand pôle réformateur. Mais ce n’est pas le moment de formuler trop explicitement ce genre de vœux, à la veille d’élections qui nécessitent que survive un peu le mythe de bloc de gauche, ne serait-ce que pour sauver l’Ile de France. La réalité de la gauche d’aujourd’hui, c’est quand même que les résultats de dimanche dernier montrent qu’il n’y a pas, dans le pays, de demande de radicalité de ce côté-là de l’échiquier. Et même si, à la fin, les socialistes remportent plus de régions que prévu, nulle part ce sera dans une configuration de duel, c’est-à-dire que nulle part, la gauche unie ne dépassera les 50%... d’ailleurs, là où elle n’a pas besoin de s’unir pour gagner, comme en Bretagne, elle reste séparée, là où, comme en Ile de France, il lui faut une alliance complète, elle finit – à force de chercher des thèmes fédérateurs de gauche- par des dérapages de tribune! En réalité, à en croire les sondages, X.Bertrand et C.Estrozi sont en mesure de l’emporter sur mesdames Le Pen, grâce à toutes les gauches, et Claude Bartolone serait en difficulté, malgré toutes les gauches ! C’est assez paradoxal ! C’est surtout le signe que si bloc de gauche il y a encore, ce n’est (et c’est pas rien) que pour faire barrage au FN au profit d’un LR ! La gauche contre est toujours unie, la gauche pour est maintenant en morceaux.

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