Deux évènements politiques ce week-end : Le coup de théâtre à Neuilly, où la tête de liste UMP a été brutalement débarquée. L'intervention hier soir de Nicolas Sarkozy, qui s'adressait aux Français pour leur parler Europe. Aucun rapport entre les deux et c'est bien le problème, car l'un pourrait se réduire à un micro-événement, mais il révèle en réalité un climat extravagant dans le camp présidentiel ; l'autre apparait au mieux comme une volonté ratée de reprendre la main sur le calendrier, au pire comme une tentative de diversion, ratée également. Le résultat de ces 2 événements concommittants - Martinon débarqué, Sarkozy décalé - c'est que l'image présidentielle est encore plus brouillée aujourd'hui qu'elle ne l'était avant le week-end. Le débarquement de David Martinon en 48 heures chrono. Micro événement sans doute, Neuilly n'est que Neuilly après tout, une commune sur plus de 36 000, mais maxi retentissement forcément, puisque tout est symbolique dans cette histoire. On parle de ce qu'il est convenu d'appeler un "sarko-boy", un membre de cette garde rapprochée qui a fait de la campagne présidentielle du candidat Sarkozy un modèle inégalé pour l'instant d'efficacité. Un "sarko boy" devenu porte-parole du président, sa doublure en quelque sorte, quelle marque de confiance ! On parle de la ville du président. Neuilly, ghetto de riches peut-être, mais ville tremplin pour Sarkozy. C'est là que s'écrivent les premiers mots de son histoire politique, faite de trahison et de coups de maître, c'est là que commence sa légende. On parle de la stratégie du président, c'est lui, en personne, qui est venu opérer le parachutage de David Martinon le 1er octobre dernier, du jamais vu. On parle enfin d'une histoire de famille, car si David Martinon est considéré comme un protégé de Cécilia ex Sarkozy, et bien aujourd'hui, c'est le fiston Sarkozy, Jean, qui pourrait reprendre le flambeau à Neuilly. Franchement, les Atrides à côté, c'est "enfants de choeur et compagnie" ! Micro-événement donc mais plongée concrète dans le climat actuel de la Sarkozye. Et qu'y mesure t-on ? Et bien tout simplement, l'affolement, la perte de sang froid, les revirements et le grand n'importe quoi. A un mois du premier tour des municipales, comment mieux dire qu'il y a le feu à la maison Elysée, que ce débarquement improvisé d'un proche qu'on laisse ainsi tomber ? Affolement et déstabilisation. Par ailleurs, toutes les têtes de liste UMP fragilisées doivent-elles trembler ? Les Gaudin, Panafieu, Perben, Juppé seront-ils maintenus jusqu'au bout ? Suspense... Et c'est donc dans ce climat d'instabilité et de basses manoeuvres électorales, que Nicolas Sarkozy a choisi d'intervenir sur l'Europe. Inopinément... Si la décision a été prise samedi à l'Elysée, les téléspectateurs et auditeurs ont pour beaucoup découvert, par hasard, le Président de la République à l'antenne, lui qui n'aime rien tant que faire du tam-tam avant chacune de ses interventions médiatiques. Solennelement... Tout seul, debout, face Caméra avec les drapeaux français et européens derrière lui. C'est la première fois que Nicolas Sarkozy adopte la version la plus figée qu'il soit pour s'adresser aux Français. On se serait cru revenu au temps de Jacques Chirac. Enfin, pour dire quoi ? Tout simplement rappeler aux Français qu'il avait tenu sa promesse de débloquer l'Europe, en permettant la rédaction puis la ratification du traité de Lisbonne. Mais en se privant d'énoncer des perspectives plus précises sur le rôle que la France entend jouer pendant sa présidence, Nicolas Sarkozy nous a laissés hier sur notre faim : pourquoi est-il venu nous parler ? Précipitation et fragilisation, perte du tempo et de l'opportunité de sa parole, l'intervention présidentielle d'hier soir, en plein feuilleton martinonesque, laisse en fait un arrière goût de "sauve qui peut" assez inquiétant de la part de Nicolas Sarkozy.

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