Les deux partis de gouvernement sont dans l’expectative…en état d’hébétude face au FN. Prenons, ce matin,​ le cas de l’UMP. Même si le FN prend maintenant beaucoup à gauche, l’extrême droite est d’abord un problème pour la droite. Ce n’est pas le même camp mais c’est le même bord… dans « extrême droite », il y a quand même « droite ». Nicolas Sarkozy doit s’y résoudre, le principal adversaire de l’appareil UMP n’est pas le principal adversaire de la majorité des électeurs UMP. Le combat politique contre un parti avec lequel on partage ses électeurs est toujours plus compliqué que contre un adversaire classique. La gauche et la droite, le PS et l​’UMP,​ partagent assez peu d’électeurs. Le terme de leur compétition n’est pas de prendre des électeurs à l’autre mais de mobiliser ses propres troupes et de démobiliser celles de l’autre ! Mais en ce qui concerne le FN, les dirigeants UMP hésitent entre deux stratégies : reprendre les thèmes de l’extrême droite sur les questions identitaires, d’autorité, sur le « c’était mieux avant » ambiant… ce que fait Wauquiez par exemple… Le risque c’est le fameux « original préféré à la copie ». L’autre option c’est d’assumer l’opposition frontale idéologique, morale et systématique avec l’extrême droite (ce que font NKM et Juppé).

Et Nicolas Sarkozy…il est sur quelle ligne ?

Et bien l’ancien président est obligé, par ses nouvelles fonctions de chef de parti, de faire de la synthèse. Donc il ne fait et ne dit rien de précis… Et ça ne lui va pas tellement au teint ! N’est pas François Hollande qui veut ! L’UMP pourra-t-elle résister longtemps à la pression de ses sympathisants qui voudraient, en majorité, une alliance avec le FN ? La période Buisson de Nicolas Sarkozy, ses postures anti-système ont participé à la légitimation des thèmes du FN au sein même de la sphère UMP. Mais adopter la posture plus centriste d’Alain Juppé laisserait trop d’espace politique à Marine Le Pen. Tout ce que tente l’UMP, en ce moment, paraît contre-productif. La vraie défaite politique engendrée par le quinquennat inopérant de Nicolas Sarkozy ne fut pas le score (finalement relativement bon) de la présidentielle de 2012… mais la paralysie persistante de l’UMP depuis deux ans et demi. Il n’est pas certain que changer les statuts et le nom du parti change quoi que ce soit à cet état d’incurie, s’il n’y a pas un vrai renouvellement de logique politique et de leader. Nicolas Sarkozy pourra toujours s’entourer de jeunes pour singer le renouvellement… Dans notre système basé sur l’élection présidentielle (et encore plus dans un parti néo bonapartiste qui vénère les chefs à plumes), seule la tête compte. Nicolas Sarkozy a su pomper les voix du FN en 2007 avec cette technique du chef, de l’autorité, et du coup de menton. Depuis, il y a eu l’exercice du pouvoir, l’impuissance. Syriza, Podemos, le flop du retour de Sarkozy nous le montrent : sans un grand et un vrai renouvellement et de la tête, et des idées, l’UMP ne fait pas le poids face à un FN qui peut évoluer dans le débat politique sans aucune responsabilité, et donc sans aucune obligation de cohérence.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.