Jean-Luc Mélenchon se déclare candidat à la présidence de la République .

Ou plus exactement, et ça a son importance, il ‘propose’ sa candidature. « Propose » et pas « déclare » d’abord pour mieux faire passer la pilule à ces camarades communistes qui ont appris sa candidature-proposition, hier soir sur TF1. C’est aussi que JL Mélenchon s’inscrit clairement dans la démarche de Bernie Sanders aux Etats-Unis. Le succès de Sanders, c’est la plateforme participative. La plateforme Nation Builder sur laquelle tout le monde, bien au-delà des partis traditionnels, peut débattre et participer à l’amélioration du projet du candidat. Mélenchon veut que sa candidature soit validée, soutenue, réclamée par tous ceux qui iront cliquer sur plateformeJLM2017, cousine du système qui fait le succès de Bernie Sanders, mais aussi, (ça il oublie de le préciser) de plusieurs candidats Républicains. Plateforme adoptée également adoptée par Alain Juppé et Bruno Le Maire. Mais quand même, hier soir, 3 heures après l’annonce, il y avait déjà 10.000 clics sur sa plateforme. Mélenchon a besoin de cette validation populaire pour contrer l’idée qui va se répandre, selon laquelle, le candidat de 2012 n’en fait encore qu’à sa tête, part de son coté, alors que deux initiatives de primaires à gauche se mettent en place.

Pourquoi refuse-t-il de participer à ces éventuelles primaires ?

Pour une raison assez logique. Mélenchon n’est pas dans la majorité. Il dit même que Valls est pire que Sarkozy. Le réflexe d’union de la gauche s’efface tant la dérive droitière paraît évidente pour tous les sympathisants de ce flan-là de la gauche. Le débat autour de la déchéance de nationalité, générateur de tant de confusions de valeurs, n’a fait que confirmer le schisme d’une gauche française qui n’est créditée, en ce moment, que de 35%. Une primaire suppose que tous les candidats puissent rejoindre le vainqueur. Ni Hollande, ni Mélenchon, ne pourraient se plier à cette discipline l’un en vers l’autre sans se trahir. JL Mélenchon, s’est donc proposé hier. En vieux briscard de la politique, comme Jeremy Corbyn en Angleterre ou Bernie Sanders, il espère, sans doute incarner une radicalité connectée, une révolution en réseau. Comme aux Etats-Unis une partie de la jeunesse pourrait se chercher (espère-t-il) dans la génération des révoltés des années 70, des papys à la fois protestataires et rassurants. Le propos court mais explicite d’hier sur TF1 était plein de signes et de symboles étudiés. Pas de vulgate classique marxiste, mais de l’éco-socialisme, la prise en compte de l’impératif environnemental, le besoin de changer la nature de la croissance. Conscient que sur ses propositions de rupture avec les traités européens il serait rapproché de Marine Le Pen, il a choisi ses mots pour que sa défiance envers l’Europe soit mise en opposition, en miroir à celles du FN. Il ne parle pas de nationalisme mais d’indépendance. Il a trouvé aussi un slogan rebelle, très ‘liberté guidant le peuple’ : la « France insoumise ». Son entourage explique que Mélenchon veut en finir avec le bruit et la fureur. Et rien que ça (s’il arrive à le tenir) c’est une bonne nouvelle pour la qualité du débat politique des mois à venir…

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