Hier vous définissiez le terme ‘communautarisme’… Aujourd’hui, c’est la question que se pose Emmanuel Macron : comment le combattre ?

Et pour y répondre, le président consulte. Il a reçu des maires et des députés confrontés à ce qu’il préfère appeler ‘le séparatisme’. Le constat est connu, il s’agit de lutter contre ce qui résiste au récit unificateur républicain qui avait intégré les provinces françaises puis les vagues migratoires. Ce grand mouvement, qui ne s’est pas fait sans mal ni contraintes, parfois même en écrasant des identités, en éteignant des langues, a fini par faire de la République un consensus. Aujourd’hui, l’islamisme (qui n’est pas une culture mais un projet politique) met en cause ce modèle sur certains territoires. Il ne s’agit pas, pour lui, de défendre au mieux ses fidèles, ni de préserver une identité préexistante, mais de monter une partie de la population, par ailleurs souvent discriminée, contre la France et son socle de valeurs. Les élus marcheurs de banlieues ont produit un texte qui dit ‘qu’il faut faire vivre la République, partout, tout le temps grâce à une alliance des territoires’. Il faut donc mener une action d’autorité plus ferme contre les déscolarisations idéologiques, par exemple, contre les prêches haineux… La reconquête passe aussi par un autre récit historique de la colonisation ! Mais il s’agit surtout de lutter contre les ségrégations sociales, territoriales… Les élus insistent sur les moyens financiers et humains nécessaires pour recréer des activités périscolaires, une éducation populaire, un environnement associatif et économique propice à ’l’émancipation’, mot clé de ce que fut la promesse macroniene.

Ce sont des discours 1000 fois entendus ! 

Oui, c’est assez désespèrent. Tant de plans ont été proclamés, en vain, si ce n’est un ambitieux programme de rénovation urbaine… Aujourd’hui encore il est permis de douter… d’autant qu’il ne s’agit pas seulement de combattre une situation sociale, mais de mener une reconquête politique, philosophique même. Offrir une alternative à l’islamisme. Quel programme ! La vague islamiste mondiale comble le vide idéologique de notre temps. Le débat théorique et sans fin entre les tenants de l’islamisation de la radicalité vs radicalisation de l’islam, souligne la difficulté de la tâche pour une reconquête via l’idée républicaine avant tout rationnelle. Qui peut raisonnablement croire que la République, tout d’un coup, puisse proposer une alternative assez riche de sens (ou de non-sens, d’imaginaire) pour concurrencer la puissance de l’offre islamiste, alors que c’est dans le cadre de la République que se sont constitués les ghettos ou elle prospère ? Mais ce serait criminel de ne pas essayer. On cite souvent le rôle structurant PCF au 20èmesiècle dans les quartiers populaires. C’était une promesse de monde meilleur. C’était surtout une opposition, une alternative de sens ! On demande toujours à l’Etat ce qu’il fait pour les banlieues. Mais que font les oppositions qui, en réalité, seraient mieux placées, par définition, pour proposer des alternatives ? Que font Les Insoumis, les écologistes pour conquérir les quartiers populaires et lutter contre l’islamisme ? 

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