**Pas de polémique sur l’opération militaire au Niger pour tenter de libérer les deux otages français...Non pas de polémique. Les responsables socialistes ont fait savoir qu’ils ne voyaient rien à redire concernant la décision prise par le président de la République de faire intervenir les forces spéciales très rapidement après la prise d’otages. Le porte parole du PS, Benoit Hamon a même justifié l’opération militaire en reprenant les termes du ministère de la défense. Ségolène Royal, un peu avant, s’était exprimée dans le même sens ainsi qu’Arnaud Montebourg, ici même hier matin, puis Martine Aubry et François Hollande ont fait des déclarations comparables. Une unanimité d’autant plus remarquable que l’opération est un échec et qu’elle constitue aussi un revirement de la politique habituelle de la France en matière de gestion de crise d’otages. La polémique serait évidement déplacée et certainement politiquement contre-productive mais on a bien assez l’occasion de chercher, dans les positions des uns et des autres, des raisons tacticiennes pour tout leurs faits et gestes, pour reconnaître dans des cas comme celui-là que des impératifs supérieurs guident quand même, quand il le faut, ceux qui aspirent à exercer le pouvoir. C’est une question de responsabilité, de crédibilité mais aussi de solidarité minimum. Seul Laurent Fabius, moins prompt à l’approbation, demande plus d’informations. Ce qui est tout à fait justifié et ne constitue pas véritablement une critique. En politique étrangère, en règle générale, il n’y a pas vraiment de dissension gauche/droite...Non, la politique étrangère et plus particulièrement lorsqu’il s’agit de défense est un terrain assez habituel d’union. Au-delà des convictions et de la sincérité de chacun, tout homme politique sait que le moindre manquement à la solidarité dans des moments comme celui-là serait sévèrement sanctionné par l’opinion. La gauche avait largement soutenu Jacques Chirac dans son opposition à la guerre en Irak en 2003 et la droite avait fait de même avec François Mitterrand pendant la première guerre du golfe. Les majorités se succèdent mais finalement, la politique étrangère de la France reste peu ou prou la même. Les grandes tendances instaurées par le général de Gaulle sont toujours de mises. Pendant les campagnes électorales, et lors des premiers mois d’un mandat présidentiel, on promet généralement quelques bouleversements. Nicolas Sarkozy, avait dessiné les contours d’une politique plus atlantiste, il avait, lors d’un discours flamboyant à Cotonou en 2006, promis de rompre avec la « Françafrique », il avait estimé qu’il valait mieux promouvoir un binôme Paris/Londres plutôt que le traditionnel Paris/Berlin et prendre ses distances avec le régime de Vladimir Poutine. Sur tous ces sujets le président a renoncé et il est revenu à une politique étrangère conforme à celle de ses prédécesseurs. L’opposition avait en son temps fait ce chemin de retour rapide au bercail dès 81 après quelques envolées lyriques tiers-mondistes illustrées par le beau discours de Mexico et incarnées par l’éphémère ministre de la coopération Jean-Pierre Cot, vite renvoyé à ses chères études. Les dissensions sur les grands sujets diplomatiques, l’Afrique, la question israélo-palestinienne ou la construction européenne ne sont pas traduites dans les clivages droite/gauche mais par des clivages internes. Ça donne du poids et de la cohérence à la voix de la France mais, parallèlement, ces sujets ne sont pas vraiment débattus. Aujourd’hui, par exemple la question de savoir ce que nous faisons en Afghanistan est une question primordiale qui ne fait pourtant l’objet d’aucun vrai débat.**

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