Ce matin, une enquête alarmante sur la confiance politique des Français…

Oui, c’est l’enquête annuelle, réalisée par le CEVIPOF.  Les enquêteurs avouent avoir été stupéfaits par la dégradation de la confiance en la politique qui s’y manifeste. Depuis que cette mesure existe (10 ans), jamais les résultats n’avaient été si préoccupants. Cette vague est le signe d’une profonde et rapide désillusion vis-à-vis du macronisme qui s’ajoute à la crise qui mine le pays depuis des années. Tous les thèmes emblématiques de cette offre politique qui a donc échoué à enrayer le pessimisme ambiant sont en chute libre. Le macronisme c’est, disait-on, l’ambition de donner à chacun les moyens de s’émanciper, et bien 58% des Français estiment qu’ils n’ont pas la possibilité de changer leur vie par eux-mêmes… c’est 7 points de plus que l’année dernière ! 60% estiment que la situation économique se dégrade…  23% de plus en un an ! La confiance en la présidence de la république  (comme institution) est de 23% : 10 de moins en une vague ! 13% de chute pour la personne d’Emmanuel Macron. La politique inspire surtout du dégoût… du dégoût, deuxième mot qui vient à l’esprit de 32% des sondés, après méfiance +7% en un an…  !

C’est vertigineux !

La confiance dans les élus (à l’exception des maires) est en berne et en baisse. Les institutions non gouvernementales comme l’église catholique, les grandes entreprises privées et publiques sont majoritairement l’objet de défiance en hausse. Ces institutions font partie des puissants… En revanche, un autre groupe d’institutions reste majoritairement apprécié (et progresse) : les hôpitaux en tête… les PME, l’armée, la police, l’école, la sécu, les associations. On ne croit majoritairement pas dans les chiffres officiels : les taux et niveaux de croissance, déficits, chômage, immigration, sont des mensonges pour une majorité de Français. Seules les données sur le réchauffement climatique sont majoritairement acceptées comme véridiques ! Les Français sont dans un état de grande colère contre les politiques, voilà pourquoi seule Marine le Pen progresse : + 8%. Il lui est reconnu la primeur et l’antériorité du discours antisystème. En revanche, la posture anti-oligarchie radicale  de JL Mélenchon fait progresser cette cause sans lui profiter : il est  en baisse de 4 points. Le plus surprenant  (qui prouve que l’on a affaire à une vague de protestation plus qu’une adhésion aux idées du RN), c’est que les thèmes de l’extrême-droite ne progressent pas (hormis la défiance envers l’Europe, mais qui ne lui est pas propre). Par exemple, l’idée que l’immigration est un enrichissement culturel est majoritaire (53%) et augmente même de 6%. Le très large soutien au mariage homosexuel progresse encore. Mais,  au total, ce tableau marque l’échec de la promesse macronienne d’inverser la tendance du pessimisme français. Est-ce l’échec de la politique mise en place ou l’échec d’une gouvernance? Emmanuel Macron dit vouloir garder le cap. Il faudra alors, au moins, qu’il change radicalement sa façon de gouverner. Ce point fait maintenant l’unanimité au sein même de la macronie où le culte du chef s’effondre. Le président en est-il conscient ? Saura-t-il se réformer lui-même ? Et surtout… sera-ce suffisant ? 

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