Par Carine Bécard.

Qui sont ces élus UMP qui se laissent tenter par le Front National? Candidats aux prochaines élections municipales, certains d'entre eux seront même têtes de liste pour le "Rassemblement Bleu Marine". Autant de transfuges, soigneusement comptabilisés par le FN... et qui sont souvent de petits élus, tout à fait inconnus... Oui ! Il suffit, pour s'en rendre compte, de citer quelques exemples. Catherine Rouvier a été investie par le Front National, tête de liste à Aix-en-Provence... Philippe de la Grange, le sera - lui - au Luc - c'est dans le Var... Et Marie-Anne Baudoui Maurel, à Digne-les-Bains... Et il y en a quelques autres, répertoriés scupuleusement sur une liste - la liste des transfuges -, une liste officieuse bien sûr, mais que le Front National tient quotidiennement à jour.

Parmi tous ces noms, vous ne trouverez aucun élu UMP d'envergure nationale. Ce qui ne veut pas dire, qu'il n'y a pas quelques stars locales. Des notables, bien implantés, qui ont fait toute leur carrière - politique et professionnelle - dans la ville où ils se sont installés... Autrement dit : changement de stratégie au Front National, Marine Le Pen n'espère plus recruter "par le haut", elle réussit à débaucher "par la base". Elle a donc inversé, si vous préférez, le processus de recrutement. Quand elle a succédé à son père - à la tête du parti - en janvier 2011, elle a cherché à plusieurs reprises, à afficher quelques jolies prises... sans jamais y être arrivée.

Pas question pour elle, de s'obstiner et de perdre son temps... Non, elle préfère laisser venir et attraper tous celles et ceux qui semblent vouloir se laisser tenter ! Marine Le Pen ne mise donc plus sur le nom - sur le prestige -, mais sur "l'effet de masse"! Et tout est prêt au Front National pour accueillir ces nouvelles recrues... Cela aussi, c'est nouveau dans le parti. Des formations ont été mises en place. Pour la première fois, même, le FN fait signer une Charte aux derniers arrivés. Une Charte de "bonne conduite" - à respecter - sous peine d'être "désinvestis"... // Incontestablement, le FN s'est professionnalisé, et à marche forcée.Reste à comprendre, pourquoi ces gens sautent le pas, pourquoi ces élus UMP pensent avoir "intérêt" à rejoindre Marine Le Pen ? Pour des raisons bassement politiques, en réalité ! Ces transfuges ont souvent commencé par réclamer leur investiture à l'UMP, mais sans parvenir à la décrocher. Ce sont en d'autres termes, "les recalés", les rebuts, ceux dont le parti de Jean-François Copé n'a pas voulus. Voilà ce qui vient frapper à la porte du parti de Marine Le Pen... Des "médiocres" en somme, mais qui le sont toujours un peu moins que les candidats - inexpérimentés - du Front National, puisque ces ex-UMP finalement, sont - eux - d'anciens conseilles municipaux... C'est donc l'absence de débouchées - la carrière politique qui allait s'arrêter - qui les font se tourner vers un parti plus petit... Mais ce n'est pas tout ! Ils rejoignent Marine Le Pen aussi parce que l'UMP devient - et de plus en plus - bien trop ambigu dans son discours sur l'immigration bien sûr, et sur cette notion d'appartenance nationale. Ce discours-là, pousse une partie des petits élus - parfois plus radicaux que les élus nationaux - à croire qu'une restructuration de la Droite - réunissant Droite classique et Extrême-Droite - est envisageable, et même envisagée... Ils veulent donc simplement y participer, voire l'accélérer. Autrement dit, dans sa surenchère verbale avec le Front National, Jean-François Copé rate son effet. Il espère "siphonner" l'électorat frontiste... Il réussit surtout, à pousser sa propre base vers les rangs marinistes.

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