Elections législatives : résultat classique, le président est en passe d’obtenir une majorité cohérente !

Oui, une logique s’est maintenant installée, qui paraît imparable depuis 1981, c'est-à-dire depuis que chaque élection présidentielle (hormis 1995) est suivie d’une élection législative (par dissolution de l’Assemblée puis en raison du rythme imposé par le quinquennat) : à chaque fois, les Français donnent les moyens de gouverner au Président qu’ils viennent d’élire ou de réélire. La règle est sur le point d’être respectée. Tous se passe comme si ces printemps d’élections, tous les cinq ans, répondaient maintenant à un mécanisme bien huilé composé de quatre tours de scrutin en deux mois. Au premier, on sélectionne les finalistes de la présidentielle tout en envoyant des messages forts. Ces messages sont lisibles dans les scores des candidats qui représentent des partis qui ne gouverneront pas. Le deuxième tour désigne un président, le troisième tour et le quatrième tour, qui correspondent aux législatives, offrent les instruments à ce président. Cette fois-ci particulièrement, les quatre partis, qui apparaissent comme des partis de témoignages politiques, le Front de Gauche, le Front National, le Modem, et d’une certaine façon aussi les écologistes, sont relativement boudés par les électeurs. Ils auront été utiles pour alerter sur les préoccupations des Français mais paraissent inutiles pour gouverner le pays.

Mais, ceux que vous appelez « les partis de témoignages » disent plutôt qu’ils sont victimes d’un mode de scrutin qui les broie !

Ce n’est pas contradictoire. Les électeurs font avec le mode de scrutin mis à leur disposition et avec le « fait majoritaire », objectivement, aux législatives, ça ne sert pas à grand-chose de voter pour un parti qui n’est pas déjà dominant dans son propre camp. En quelque sorte, aux législatives, on choisit un camp, droite ou gauche, ou plutôt majorité ou opposition, en fonction des résultats de la présidentielle, on choisit moins une nuance de ce camp. Si le scrutin était totalement proportionnel, ce serait utile de voter écologiste, Front de gauche, Modem ou FN, selon ses idées. Cela ne veut pas dire que la nature de l’élection va radicalement changer dans cinq ans si François Hollande fait instaurer une dose de proportionnelle. Ce ne sera qu’une dose très limitée qui permettra une représentation minimum des ténors de tous les mouvements politiques, qui seront alors têtes de listes. Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou et Marine Le Pen auraient été au Parlement avec une dose de proportionnelle mais la majorité n’aurait pas été beaucoup plus menacée qu’aujourd’hui. Là, le Modem pourrait (et encore…) n’être représenté que par l’iconoclaste Jean Lassalle, alors que le FN peut n’avoir comme député qu’un avocat médiatique qui cessera, à coup sûr, d’être FN dès qu’il fera son entrée dans l’hémicycle. Malgré toutes les turbulences et toutes les supputations, les institutions ont, encore une fois, protégé les deux puissances de la gauche et de la droite. Le PS va sans doute gagner confortablement, raisonnablement et sans enthousiasme populaire débordant. L’UMP (dont certains prévoyaient un peu vite l’explosion) perd mais survivra et dominera encore de la tête et des épaules les droites dans leur ensemble. Les institutions ne sont pas toujours satisfaisantes ; elles génèrent quelques lacunes démocratiques mais elles sont solides et efficaces.

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