Ce matin la crise au FN… Et le départ de Marion Maréchal-Le Pen

Marine Le Pen au soir de sa défaite à l'élection présidentielle 2017
Marine Le Pen au soir de sa défaite à l'élection présidentielle 2017 © Getty / Thierry Chesnot

Oui, d’abord il faut sortir de cette double analyse paradoxale selon laquelle Marine Le Pen a échoué parce qu’elle a obtenu un score moins important que prévu. Ou bien que Marine Le Pen, au fond, a réussi parce que son mouvement n’avait jamais eu autant de voix. Les deux sont vraies mais l’échec est plus patent parce qu’il y a quelques mois la candidate était bel et bien largement en tête, autour de 30% dans les sondages. Des sondages qui ont parfaitement mesuré sa lente décrue. La candidate a perdu du terrain ces dernières semaines à la faveur d’une mauvaise campagne. D’autres candidats, avant elle, ont raté des campagnes et ont fini par triompher (Mitterrand et Chirac, c’était un autre monde). Dans le cas de Marine Le Pen, c’est différent. Il ne s’agissait pas tant de gagner cette fois-ci que de réaliser un gros score. Un score qui pouvait laisser penser que la victoire était à portée de main et que sociologiquement, culturellement, la France pouvait franchir le pas. Ce n’est pas le cas. Mais plus préoccupant pour la candidate, elle est apparue (notamment au moment du débat) honteusement incompétente. L’échec ne fut donc pas que politique mais aussi personnel : un gros doute s’installe au FN (et pour nombre d’électeurs) sur les capacités même de la candidate. Un porte-parole de la campagne me confiait que s’il fallait changer un nom dans le mouvement, ce n’était pas le nom FN mais le nom Le Pen…

Marine Le Pen serait donc en sursis ?

Non, pas à court terme, parce que Florian Phiilippot tient le parti, la plupart des candidats aux législatives, ceux qui ont de bonnes chances d’être élus, sont des philipoïstes (si l’on peut oser ce terme) donc des marinistes… Et surtout, pour l’instant, seule Marine Le Pen, même déconsidérée, peut faire le pont entre les deux fronts très opposés : le FN identitaire du sud, le Front à l’huile, et le Front populo-social du nord, le Front au beurre. La cheffe restera donc cheffe, et Marion Maréchal-Le Pen, très connotée sud uniquement, ne pouvait pas espérer ravir le parti à sa tante dans les mois qui viennent et avec un FN ainsi structuré par ses adversaires internes. D’autant qu’on a quand même du mal à imaginer une nouvelle querelle de famille au sommet du Front et de la colline de Montretout. Marion Maréchal Le Pen, persuadée, comme la plupart des hauts responsables du parti, que Marine Le Pen ne fait plus le poids, mais qu’en même temps, aucune autre solution n’est possible, pour l’instant, sans risquer de fracturer le FN, décide donc de prendre du champ, d’aller dans le privé (ça se fait beaucoup ce moment en politique) pour, dans quelques années sans doute, apparaître comme le recours et reprendre la petite affaire familiale au fond du gouffre. Il sera bien temps alors de participer à la reconstruction de la droite, dans son ensemble, qui se fissure. D’ici là, dans le champ de ruines politiques qui entoure le bel édifice macronien, flambant neuf, le FN va encore fournir son comptant de gravats quelque temps.

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