La Charente à Saintes
La Charente à Saintes © corbis / © Francis Leroy/Hemis
**Nous sommes à Saintes, ville de festival… l’occasion de se pencher sur ce phénomène toutes les municipalités veulent leur festival !** Oui, parce que le champ d’intervention des maires dans le secteur économique et social est de plus en plus limité par les budgets serrés et des compétences contraintes et partagées… En revanche, s‘il est un domaine par lequel ils peuvent faire sortir leur cité du lot, c’est bien la Culture. Je parle des villes de taille moyennes. Et le truc, c’est le festival ! La carte des festivals réussis, populaires ou prestigieux (plus rarement les deux) dessine aussi la cartes des municipalités dynamiques et imaginatives. Trouver une niche culturelle et faire de sa ville le rendez-vous incontournable pour tous les amateurs et les professionnels de cette niche, voilà le sésame. En certains vont loin ! Si vous êtes fans de boogie woogie, vous êtes mi-août, tous les ans, à Laroquebrou en Auvergne ! Le rapport entre le boogie woogie et l’Auvergne n’était pas évident… Plus sérieusement on pense bien sûr au **Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême** , ou au festival de la photographie,**Les Rencontres d’Arles** , au formidable festival d’Uzeste **(Uzeste musical** ) avec la compagnie Luba. Certaines villes n’accèdent à la notoriété que par leur festival : Marciac et le Jazz, Carhaix avec le rock, aux Vieilles charrues. Le saint patron des festivals c’est bien sûr Jean Vilar avec le festival d’Avignon créé en 1947. Et puis, il y a des festivals, plus confidentiels, mais qui animent une ville de façon originale, comme (exemple parmi tant d’autres) le Festival du Mot à la Charité-sur-Loire. Un festival réussi, c’est généralement une rencontre entre un homme de culture passionné (Jean-Louis Foulquier pour les Francofolies à La Rochelle), un élu audacieux et un site particulier comme il y en a tant en France. Comme ici, avec l’Abbaye de Saintes. Finalement si, pour beaucoup de maires, la culture se résume toujours à décorer les ronds-points, de fausses ruines romaines ou des charrettes fleuries, depuis que Jack Lang et François Mitterrand ont rappelé que la vitalité culturelle pouvait aussi être stimulée par la puissance publique, bien des villes s’y sont mises. **Y a-t-il une différence entre les villes de droite et les villes de gauche de ce point de vue ?** De moins en moins parce que la culture devient une activité économique qui peut rapporter, qui contribue au rayonnement de la ville. L’accès à la culture devient un droit revendiqué. Les villes qui ont une action culturelle forte ont une identité forte et une attractivité qui tranche par rapport aux villes culturellement flemmardes. Traditionnellement, la droite a souvent privilégié le patrimoine et les beaux arts quand la gauche s’attachait à développer un accès populaire à la culture dans le sillage du Front Populaire et de la Libération. Mais en même temps c’est Malraux qui a instauré les Maisons de la Culture. Dans les années 70, les grands noms de l’action culturelle des villes étaient Jack Ralite (communiste) à Aubervilliers ou Hubert Dubedout (socialiste) à Grenoble. Parfois l’action culturelle subventionnée à grands frais par des villes de gauche à maintenu, artificiellement, en vie des théâtres très avant-gardistes, trop élitistes… mais au-delà du phénomène des festivals, l’offre culturelle municipale demeure un élément fort identification et d’appartenance à une ville. Saint-Nazaire, ou nous étions hier, n’a pas eu de théâtre entre 1942 et 2012. En 2012 quand le théâtre de la ville est ressorti de terre, la directrice de ce nouvel édifice a entendu des habitants lui dire « on est une vraie ville maintenant, on a notre théâtre »…
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