La pression monte pour la réouverture des petits commerces.

On connait ce dilemme pour le gouvernement depuis le début de la pandémie : santé ou économie ?  Et inversement. Or, fin novembre et décembre (les mois des commerçants et le pic de la seconde vague), nous sommes au plus fort de cet impératif contradictoire. Demain, Jean Castex doit faire un point d’étape mais on connait les données sanitaires. Elles ne permettent pas d’envisager d’alléger le confinement. Politiquement cela peut être absolument ravageur parce que les commerçants sont les premiers relais d’opinion… Les élus locaux iront, le plus souvent, dans leur sens. Et toutes les oppositions nationales sont pour la réouverture… Certains commerçants ont d’autres soutiens très puissants. Pas tous… mais les libraires sont soutenus (non sans une once de corporatisme) par tout ce que le France compte d’intellectuels qui ( entre parenthèses) ont bien souvent un livre à vendre. Coiffeurs, fleuristes ou marchands de jouets n’ont pas de fournisseurs si médiatiques. Mais si le président et le Premier ministre (même contre l’avis de certains de leurs ministres) tranchent demain pour le maintien de la fermeture des commerces (au moins jusqu’à décembre) ils prendront certainement le plus gros risque politique de leur carrière. S’ils ne le faisaient pas… ils prendraient aussi le plus gros risque de leur carrière. Des vies sont en jeu d’un côté, des années de labeur, des emplois (donc aussi des vies) sont en jeu de l’autre côté.

Les commerçants vivent ces décisions comme arbitraires !

Le cadre exceptionnel de l’état d’urgence réduit le champ démocratique. Le parlement n’est pas associé à la décision. Il contrôle à posteriori et renouvelle l’autorisation de l’état d’urgence…. et encore de façon de plus en plus espacé. Le conseil de défense, fait pour les crises aigues dans le domaine régalien, est-il adapté à une crise sanitaire de longue haleine ? Il permet, certes, une plus grande rapidité d’exécution, évite l’inertie des débats, l’impuissance tant reprochée d’ordinaire aux gouvernants. Il se réunit facilement, regroupe les seuls ministres et hauts fonctionnaires concernés. Il n’y a pas forcément de compte-rendu à la presse. Il ne se déroule  quand même pas, comme on a pu le dire, dans les secret du sous-sol de l’Elysée, la fameuse salle Jupiter  (la war-room) que l’on voit dans les films… mais, n’impliquant pas de près les parlementaires, les élus locaux, les acteurs de terrain, ce procédé donne l’impression (et peut-être pas seulement l’impression) d’un pouvoir hyper centralisé. Est-ce la meilleure façon de faire accepter des mesures terribles pour le destin de nombreux artisans, commerçants, de nombreux indépendants et employés ? Visiblement non. Toujours est-il que la France, dans cette crise, cumule l’un des pires bilans sanitaires et parmi les pires dégâts économiques ! Est-ce dû à la structure de son système de santé, à son cadre institutionnel, à son peuple, indiscipliné, à ses gouvernants incapables ? Il faudra bien se pencher sur cette question ! 

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