Traditionnel conseil des ministres ce matin à l'Elysée. Mais en coulisses, ça s'agite au palais présidentiel. Un conseiller du président raconte que début septembre, la rentrée a été éprouvante. Tous les jours dit-il, quand j'arrivais au bureau, je trouvais sur le réseau de messages internes de l'Elysée, une invitation à un pot de départ. Pots de départ à répétition au château. Cartons dans les bureaux, l'Elysée se vide petit à petit. Cette semaine, c'est carrément le secrétaire général adjoint, Augustin de Romanet de Beaune, qui quitte ses fonctions pour rejoindre le Crédit Agricole comme directeur adjoint. En mars dernier, Roch Olivier Maistre, plume culturelle et mémorielle de Jacques Chirac était nommé médiateur du cinéma. Actuellement, un autre conseiller important est en cours de négociation avec un grand patron français pour assurer sa reconversion dans les semaines à venir. Alors c'est la désertion, le sauve-qui-peut général avant la prochaine présidentielle ? Non, se défend un de ceux qui est sur le départ. D'ailleurs, tout le monde continue à être remplacé. Mais il y a l'usure naturelle des postes de cabinet, ces emplois qui demandent une disponibilité entière et permanente. Il y a aussi, en l'espèce parfois, un vrai ras le bol de la politique. Un conseiller élyséen ne cache pas que l'épisode du CPE, et son bras de fer avec un premier ministre dont la rigidité a fini par affaiblir la fonction présidentielle, lui a laissé un goût amer. Il y a enfin la peur de l'avenir, liée à l'arrivée possible de... Nicolas Sarkozy ! Car s'il est d'usage en effet que le nouveau président de la république traite bien les collaborateurs du sortant, l'expérience a montré qu'il était toujours plus facile de s'entendre en cas d'alternance qu'en cas de continuité politique. "Et puis lui, il va nous faire payer ce que nous lui avons fait endurer en 95", pronostique un vieux complice de Jacques Chirac, son entourage nous en veut encore plus que lui. Bref, c'est pas eux qui nous recaseront, certains d'entre nous sont même marqués au fer rouge". D'où la frénésie actuelle de recherche d'emploi au Château. Alors certains ont déjà obtenu de confortables et passionnants postes dans quelques ambassade, ou quelques juridictions importantes ; d'autres attendent leur tour. Quelques uns cherchent dans le privé, le cas d'Anne Lauvergeon, ex sherpa de Mitterrand, devenue pédégère d'AREVA, les fait rêver. Et puis enfin, il y a ceux qui ont été piqués à l'Elysée par le virus de la politique, et qui vont tenter leur chance aux prochaines législatives. C'est le cas notamment de Marie-Claire Carrère gée, secrétaire générale adjointe de l'Elysée qui se présentera en Moselle. En tout cas pour certains, ça devient une angoisse de rester, quand tout le monde regarde déjà dehors. "Un jour je vais finir par me retrouver seul avec Jacques, Claude qui dit toujours qu'elle va partir mais qui reste, et Bernadette dans ce grand palais vide." plaisante un conseiller "et je serai le dernier à fermer la porte derrière eux".

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