La candidature de Sylvie Goulard au poste de commissaire européen retoquée par les eurodéputés. Emmanuel Macron a fait une faute politique en proposant, la présidente de la Commission, une candidature très solide du point de vue de la compétence mais fragile coté déontologie.

Sylvie Goulard le 10 octobre 2019
Sylvie Goulard le 10 octobre 2019 © AFP / KENZO TRIBOUILLARD

Une proposition avec l’aval enthousiaste d’Ursula Von Der Leyen, la présidente de la Commission. Sylvie Goulard apparaît dans 2 affaires : emplois fictifs du Modem, et une affaire, légale mais moralement compliqué à défendre, de défraiement pour un maigre travail, reçu d’un milliardaire américain. 

Sylvie Goulard qui, pour la première affaire, avait démissionné du gouvernement français, était quand même présentée par Paris à un poste plus important encore à la Commission européenne. Pas assez vertueuse pour la France, bien assez pour l’Europe ! Comme si les standards de l’éthique française étaient plus hauts que les standards européens ! Vilain trait d’arrogance de Paris. 

Mais Emmanuel Macron a aussi commis une faute stratégique. 

Pourquoi ? Parce qu’après un mois de juillet de maître ou il avait su maximiser les positions françaises, obtenant la BCE, en évitant, pour la présidence de la Commission, Manfred Weber, allemand peu francophile, en obtenant à la place, la nomination d’une allemande francophone, francophile et un épais portefeuille de commissaire, avec l’industrie, la concurrence, c’était sûr, le moindre point faible serait exploité par ceux qui trouvent la France trop gourmande. Il s’en trouve beaucoup, au PPE, qui attendaient l’occasion de remettre Paris un peu à sa place ! 

D’autant qu’outre des succès diplomatiques, les thèses classiques françaises (l’idée d’une Europe de la défense et d’une Europe qui investit dans des champions continentaux de l’économie de demain) ces thèses, par la tournure que prend le monde, sont maintenant mieux partagés par les 27. Le bouclier américain n’est plus vraiment fiable, à l’Est Poutine veut rétablir la puissance Russe, la Chine se paie l’Europe par appartement. La nécessité d’une Europe puissance, défendue par Paris depuis François Mitterrand devient pertinente aux yeux de nos voisins. 

De plus, Emmanuel Macron est le seul chef d’Etat stable, au moins pour 2 ans 1/2. L’Angleterre s’en va, les gouvernements Italiens et espagnols sont fragiles et Angela Merkel est sur le départ. La France est donc, en position de force. Et ça en énerve certains. Emmanuel Macron aurait dû le voir. Beaucoup l’avaient dit et ne sont pas surpris ! 

Mais le parlement européen s’est aussi affirmé face aux gouvernements qui se sont entendus (façon vieux monde caricatural) pour composer la commission. Pour ceux qui doutent de la démocratie européenne (et là c’est beau comme du Bernard Guetta)... voyez ce que les députés européens, élus du peuple, ont fait : ils ont agi en parlement souverain. 

Et c’est vrai qu’en France on n’a pas l’habitude que le parlement en impose à l’exécutif. Le mot stupéfiant du président ´faudra qu’on m’explique’ trouve sans doute sa réponse ici : un parlement, ailleurs qu’en France, hé bien ça peut réfléchir et même être malin et surprendre ! Comme la démocratie ! Mais au total, même si c’est un échec vexant pour le président, la France devrait retrouver l’essentiel, le poste, avec ses importantes attributions. Faudra juste un peu de discernement –cette fois-ci- dans le choix de l’heureuse élue.

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