**Le PS est donc retombé dans les affres de l’affrontement interne !Oui, les révélations du fameux livre sur l’ampleur de la fraude au PS confirment ce que l’on savait déjà. C’est une vieille maladie du parti socialiste. Autrefois, ça passait par le gonflement artificiel des adhérents de tel ou tel courant pour peser sur les équilibres internes. Ce système tenait plus ou moins parce que tout le monde savait que tout le monde faisait pareil. Il y avait une sorte d’équilibre de la magouille interne. Dans les années 80, 90, la presse sortait régulièrement des informations sur les scandales dits des « fausses cartes ». Ça ne faisait pas beaucoup de remous parce que la justice n’était jamais saisie. Pas de ça en famille. Ça faisait presque parti du folklore dans certaines fédérations comme dans la partie de cartes de Marcel Pagnol. Souvenez-vous, Marius dit à Monsieur Brun « si on ne peut plus tricher entre amis, alors ce n’est pas la peine de jouer aux cartes » et puis, il faut bien le dire, le PS est le seul parti, dit de masse, qui est régi par des règles à peu près démocratiques, avec de vraies élections internes. Même trafiquées, ça apparaissait toujours plus vertueux que le fonctionnement stalinien du PC ou néo-césariste du RPR puis de l’UMP. Seulement là, on a changé d’époque, Marius et Monsieur Brun ne font plus rire ! Et ce qui passait sans grande conséquence ne passe plus. Les conséquences, il y en a. Non pas entre 4 ou 5 courants du PS mais entre deux candidates à la tête du parti. On change de paradigme. La logique voudrait que Martine Aubry porte plainte contre ce livre. La logique voudrait aussi que Ségolène Royal porte plainte contre la direction du parti socialiste et demande un autre vote. Si rien de tout ça n’est fait, c’est que le grand déballage consécutif à une enquête judiciaire serait suicidaire au moment où le PS entame une réforme interne. Disons pour résumer que, dans chaque camp, il y a eu des fédérations ou simplement des sections qui ont plus ou moins triché. On peut raisonnablement penser que Martine Aubry n’aurait pas été élue si le vote s’était passé normalement. Il y a deux coupables mais le crime n’a profité qu’à l’une d’entre elles. C’est effrayant, à vous entendre tout le monde est malhonnête à la tête de ce parti !Oui, mais non ! Ou non mais oui…comme vous voulez. En réalité, ni Martine Aubry, ni Ségolène Royal ne sont d’affreuses tricheuses dans l’âme, prêtes à tous les trafics et turpitudes pour gagner. Mais, même si des progrès ont été faits, ni elles, ni leur entourage, ni leurs prédécesseurs n’ont eu le cran, le courage et la capacité de débarrasser le parti socialiste de ses démons. Il arrive dans la vie des partis, que l’appareil, devienne plus important, plus fort que les hommes et les femmes qui le composent et que la survie de cet appareil devienne un objectif plus puissant que la réalisation du but politique pour lequel il a été créé. Avec le PS on est là. Martine Aubry a prévu de consulter les militants (il était temps) sur un certain nombre de points de rénovation du parti socialiste… Pourquoi ne demande-t-elle pas un vote de confiance aux militants à cette occasion ? La première secrétaire aurait bien besoin d’un vote pour retrouver sa légitimité. D’un vote propre et sans bavure ! Mais si la première secrétaire devait perdre la confiance, tout serait à refaire. C’est là qu’on mesure l’intérêt des primaires. Le choix du candidat se fera hors de l’appareil, hors d’une machine obsolète, hors de ce vieil engin rouillé du vingtième siècle. Une sorte de R-16 ou de 504 que les socialistes (Ségolène Royal comprise) sont bien obligés de ménager à l’approche des régionales, comme on garde une vieille guimbarde en se disant « bah, elle nous fera bien encore les prochaines vacances ».**

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