**Vous revenez ce matin sur le Parti Socialiste qui s’apprête à connaître des mois difficiles, jusqu’aux primaires à l’automne.Le Parti Socialiste est entré dans une « Drôle de guerre ». Cette métaphore militaire de circonstance est signée Pierre Moscovici. Les éléphants - de combat – vont s’observer, chacun derrière sa ligne Maginot, durant de longs mois, sans combattre, ou presque... C’est à qui osera déclencher le feu le premier. Cette séquence un peu bizarre va durer jusqu’au 13 juillet, date limite de dépôt des candidatures aux primaires. Et nous allons vous raconter le film ! Il n'y aura peut-être pas de sexe, mais du sang et des larmes. Et aussi des sondages. Le dernier en date, le baromètre Ipsos-Le Point, donne Dominique Strauss-Kahn toujours en tête du palmarès à 52% d'opinions favorables, mais il recule de onze points, alors que François Hollande, à 49% et Martine Aubry à 47%, poursuivent leur progression. Ils talonnent le patron du FMI, victime de son absence du débat national. Que va-t-il se passer concrètement ? « Chacun a deux mois pour montrer ce qu'il a dans le ventre », explique Bertrand Delanoë. « François met la pression sur Martine, qui elle-même met la pression sur Dominique », analyse Pierre Moscovici, qui redoute de voir un PS « immobile », pendant que Nicolas Sarkozy aura tout le loisir de réorganiser son dispositif, pour tenter une remontée dans l’opinion. Une période où le parti va se conjuguer au pluriel. Prenez la Côte d’Ivoire : plusieurs grands ténors socialistes se sont exprimés pour émettre des doutes sur l’intervention française. Mais le parti n’a pas su parler d’une seule et même voix forte sur le sujet. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy exultait hier, lui qui avait demandé dimanche soir à la Force Licorne d’aller déloger Laurent Gbagbo, l’ancien ami des socialistes, pour le remettre à la justice de son pays, et a donc fait mentir tous ceux qui lui ont prédit un « enlisement ». Le PS va devoir affronter une double campagne : la présidentielle, qui a déjà démarré pour tout le monde, et les primaires, source d’affrontements internes, dont les socialistes ont le secret. Exercice assez schizophrénique. Tout le monde est pourtant tombé d’accord sur le projet adopté ce week-end ?Les éléphants peuvent dire « merci Martine » pour ce joli coup, pas seulement médiatique, qui a fabriqué un peu d’unité. La droite ne pourra plus dire : vous n’avez pas de programme. Mais ça taille déjà en coulisses : « c’est du réchauffé, ce projet fait un peu trop XXème siècle », critique un strausskahnien, qui s’inquiète de la situation très inconfortable dans laquelle se trouve son patron. DSK ne pourra pas sortir du bois avant la clôture du G8, à la fin du mois de mai. Aux dernières nouvelles, il a toujours envie d’y aller. Et les choses devraient se clarifier début juin. Sauf si Martine Aubry y va aussi...C'est tout le problème. La Première secrétaire s’y prépare, elle fait comme si. Certains aimeraient lancer un nouvel appel en sa faveur, mais cela parait compliqué. Un de ses plus illustres soutiens s'interroge: « Vous comprenez - dit-il - si je dis "Martine, il faut que tu te présentes", et qu'elle appelle à soutenir Strauss-Kahn, qu'est ce que je deviens derrière, moi »? Chacun retient donc sa main. « Le prochain président de la République ne peut être que socialiste », a déclaré François Hollande. Une formule choc, qui ressemble plus à un vœu, comme pour conjurer le mauvais sort...**

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