Ce matin, il est question des sondages

Oui parce qu’à un an de la présidentielle, la vie politique va maintenant être influencée aussi par le rapport de forces tel qu’il sera établi par les sondages. Les politiques vous diront tous qu’ils n’y accordent pas d’importance mais, en fait, ils les auront constamment présents à l’esprit. D’abord les sondages pèseront sur le casting de la présidentielle. C’est bien sur la foi d’études d’opinion que François Hollande a renoncé en 2017 ! On peut regretter le poids des sondages mais ils sont là et il faut sans cesse rappeler qu’on ne doit pas les lire comme des prédictions … il n’y a pas eu de campagne, de débats, ni les inévitables coups de théâtre et autres Pénélope. Non, les sondages sont des coups de sonde dans le rapport de forces politiques du moment. Les détracteurs des sondages (position qui garantit une approbation aussi unanime qu’hypocrite) rappelleront qu’en avril 2016, le duel Le Pen/Juppé était donné comme certain. Duel rendu impossible par la défaite de l’ancien maire de Bordeaux à la primaire de son camp. Certes, mais l’affiche de ce duel donnait la réalité du clivage politique qui allait simplement se traduire autrement en mai 2017. De toute façon, même si vous avez des doutes sur la pertinence ou la sincérité des sondages, il faut les prendre en compte puisque que le monde politique s’organisera, déterminera son offre, le moment venu, largement sur leur observation. Et ils vont se multiplier : L’IFOP-Fiducial vient de réaliser des sondages avec des hypothèses de second tour que leurs propres sondages de premiers tours rendent impossibles. Par exemple un 2nd tour Bertrand ou Hidalgo ou Mélenchon contre Le Pen !  

La déontologie des sondeurs ne condamne pas ce genre de question ?  

Elle fait débat. La commission des sondages le déconseille. Seulement il parait paradoxal d’expliquer qu’un sondage n’est pas une prédiction mais un exercice théorique et de refuser ce genre de question. Le JDD, client de l’IFOP, a décidé de ne publier, hier, que les résultats de l’enquête de second tour possible à partir des résultats du premier tour. Le seul duel qui découle des hypothèses de premiers tours (selon l’enquête IFOP publiée hier, donc), c’est Macron/Le Pen. Dans aucune configuration un autre candidat se qualifie pour le deuxième dimanche. L’autre client de l’IFOP (Sud Radio) donne, lui, les résultats d’autres hypothèses de second tour qui sont d’ailleurs partout sur les réseaux sociaux. Seuls Emmanuel Macron, Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse sont donnés vainqueurs face à Marine Le Pen. Anne Hidalgo ferait jeu égal (50/50) alors que Yannick Jadot ou JL.Mélenchon perdraient face à la candidate d’extrême-droite. Encore une fois, ces affirmations nient toute dynamique de campagne mais il est faux d’affirmer qu’elles ne signifient rien. Elles parlent, par exemple, de l’état désastreux de la gauche et d’un basculement d’une partie de l’électorat de droite. Le plus intéressant dans les sondages, si loin du scrutin, c’est que hors de toutes campagnes, une réponse brute, spontanée, décrit l’état d’esprit politique du pays et la structure sociologique des opinions, de plus en plus typée, qui révèle des fractures générationnelles, géographiques et sociales.   

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