Ce matin, c'est au tour d'Arlette Laguiller de se mettre en 4 sur France Inter. La candidate de Lutte ouvrière en est à sa 6ème campagne présidentielle. Combat de femmes décidément que cette présidentielle. La semaine dernière c'est Laurence Parisot qui était notre invitée, pas candidate mais fortement inspiratrice d'un certain nombre de thèmes de campagne. La semaine précédente, Marie-George Buffet, bientôt peut-être Ségolène Royal, mais aussi Dominique Voynet ! J'en passe, et voici donc ce matin Arlette Laguiller, vétérante de la compétition. Ceci dit, cet environnement féminin n'amollit en rien la combativité de la candidate trotskiste : "Je n'ai aucune solidarité politique avec Ségolène Royal" a-t-elle déjà affirmé. ça c'est fait ! Il faut dire qu'Arlette Laguiller, Nicolas, c'est un roc. C'est un pic, que dis je, c'est un cap ! Et rien ne la détournera de ce cap. Les errements à l'automne dernier des collectifs unitaires pour trouver un candidat commun ? ça ne lui a fait ni chaud, ni froid. Les allers et retours de José Bové, "j'y vais, j'y vais pas, et finalement si, j'y vais!" Ni chaud, ni froid. Je ne suis pas en concurrence avec lui explique-t-elle. Elle n'a en réalité que mépris pour ces zozos d'alters quand elle, chante toujours et encore la révolution ! Arlette 74, Arlette 2007, le monde a changé mais pas elle. Même sur les photos de ses affiches électorales, elle n'a pas pris une ride. Il faut dire qu'elle n'a pas à subir, elle, l'usure du pouvoir ! Depuis 74 donc, il n'y a qu'une ligne qui vaille une ligne droite, inflexible, intangible. Le dogme trotskiste léniniste de Lutte ouvrière où être anti libéral c'est déjà être social traitre. Non Arlette Laguiller est et reste "anti capitaliste", toujours prête à abattre la république bourgeoise. Elle tape donc équitablement sur la droite et ceux qu'elle appelle les "marshmallows" de socialistes ; refuse toujours de se prononcer sur son attitude au second tour. Et cette radicalité là, non assumée aujourd'hui par les communistes traditionnels, a été une valeur refuge pour tous ceux qui voulaient surtout protester, peser, dénoncer... Mais si en 2002, Arlette a fait un tabac, 5,7% des suffrages, un record, cette fois à 2 mois du vote, pas d'Arlette's mania en vue. Elle n'est jamais créditée de plus de 3% des voix. Le remord du 21 avril et le réflexe du vote utile jouent contre elle sans doute, l'addition des candidatures d'extrême gauche dilue le capital des voix disponibles, même si les électorats sont différents entre Bové, Besancenot et elle. Mais elle, poursuit son combat, prépare la relève avec des futures Laguiller qui lui ressemblent comme 2 gouttes d'eau, bref, Arlette partie, Arlette sera toujours là. Car si pour mener campagne, Nicolas Sarkozy affirme "qu'il a changé", tellement changé qu'il parle aujourd'hui comme Arlette aux "travailleurs et travailleuses", la force de Laguiller, sa limite aussi politique comme électorale, c'est de ne point changer.

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