A France Inter on précède l’info ! ce matin Thomas, vous pouvez déjà nous révéler les commentaires de la soirée électorale des régionales !Je peux le faire Il peut le faire ! Parce qu’au-delà des 22 élections locales, le résultat global sera commenté, analysé et s’installera (au travers de ces analyses et de ces commentaires) un nouveau climat politique, un nouveau rapport de force diffus, une nouvelle situation, à partir de laquelle, dans chaque camp, on envisagera la préparation de l’élection présidentielle. Cette nouvelle situation ne dépend pas tant du résultat en lui-même que de la petite musique médiatique qui l’accompagnera. Et la petite musique n’a pas forcement de rapport avec le résultat, c’est étrange mais c’est comme ça ! Deux exemples passés pour bien comprendre avant de parler des régionales. Les élections municipales de 2001. Elles furent mauvaises, globalement pour la gauche mais le PS a remporté Paris. Ça a constitué un événement en soi ! Et du coup, l’impression générale était que la droite avait échoué. La gauche n’a donc pas fait le travail de remise en cause qu’elle aurait dû faire, éblouie par cette victoire en trompe l’œil qui masquait une désaffection de l’électorat populaire préoccupante. Le PS a payé ce strabisme de 2001 à la présidentielle de 2002. Autre exemple plus récent. Les européennes de l’année dernière. L’idée générale était que l’UMP avait gagné, arrivée bonne première avec 28% et un PS à la ramasse. La encore, trompe l’œil et opération de communication réussie pour une UMP, certes en tête mais bien seule et unique représentante de la majorité. En face, une gauche morcelée donc impuissante mais déjà massive…et majoritaire. Le refrain du commentaire réflexe selon lequel « l’UMP est en tête…donc a gagné » a constitué la petite musique embrouilleuse post européenne. Quelles seront les « petites musiques » trompeuses pour les régionales ?Alors, d’abord la petite musique post-régionale sera faite de ce qui sera dit pendant la semaine qui suivra le 2eme tour et ce qui sera dit dépend déjà de ce qui se dit maintenant ! Parce que ce qui sera dit sera en réalité un constat de la différence entre ce qu’on attendait et ce qui se sera vraiment passé… En ce moment par exemple Martine Aubry a choisi de prendre le risque de dire que le grand schlem, 22 régions pour la gauche, est possible. La patronne du PS le dit pour dynamiser ses troupes mais le risque c’est que si, au soir du second tour un PS a 20, ou même 18 régions sur 22, ça sera perçu comme un échec, alors qu’il s’agit quand même de 20 ou 18 sur 22 ! A 18 sur 22 l’UMP pourra se laisser bercer par une petite musique de victoire qui ne sera en faite que du pipeau ! Le rapport de force gauche droite, opposition majorité, même avec 18 sur 22 risque d’être encore largement favorable à la gauche. Hypothèse inverse avec pipeau de gauche cette fois… 22 sur 22, la France en rose, victoire absolue de la Merkel de gauche ! Une star est née, pas people, de l’authentique, du solide, du nordique ! On voit déjà les Unes des hebdos, « un boulevard pour Aubry », ou « jusqu’ou ira-t-elle » avec la photo montage de Martine Aubry en présidente dans la cours de l’Elysée ! Et cette petite musique sera aussi trompeuse parce qu’un vote de rejet du sarkozysme en milieu de mandat… ça ne veut rien dire sur l’Etat réel du PS et encore moins sur l’élection présidentielle. Confère le triomphe du PS aux régionales de 2004 (avec Ségolène Royal en vedette) et la défaite en 2007. Le sondage actuel qui devrait attirer l’attention de la direction du PS n’est pas simplement celui qui met Martine Aubry au pinacle, ni celui qui donne la totalité des régions à la gauche, mais aussi ce sondage de l’Ifop qui dit à peu prés la même chose tous les mois : seul 35% des français, contre 64% pensent que l’opposition ferait mieux que la majorité si elle était au pouvoir… donc amis auditeurs quand vous entendrez la petite musique au soir du 21 mars prochain, observez bien qui est au violon, à la grosse caisse et au pipeau.

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