Oui, c’est un gâchis rageant pour tous ceux, éducateurs, profs, journalistes, artistes, politiques qui travaillent patiemment à contrer l’islamisme et les théories du complot.

Lors de l’émission, TheVoice, sur TF1, Mennel, une jeune femme de 20 ans a conquis le public et le jury par son interprétation de Hallelujah, de Leonard Cohen. Mennel portait un turban, en guise de foulard… ce qui donna l’idée aux réseaux identitaires d’extrême droite mais aussi à une gauche ultra-républicaniste, d’aller fouiller dans le passé numérique de la chanteuse. Ils y trouvèrent des réactions complotistes après les attentats, toute la logorrhée débile et victimaire, très répandue sur les réseaux sociaux, prisés par une bonne partie de la jeunesse qui se sent hors de la société française. Dès lors, une terrible pression s’est abattue sur la chanteuse. Celle-ci s’est excusée pour ses écrits passés, a expliqué qu’elle avait mûri. Ça n’a pas suffi. Une chroniqueuse de l’émission de Cyril Hanouna s’est même demandée si, c’était une si bonne idée, dans le contexte actuel de chanter en arabe ! Finalement, Mennel a préféré renoncer… TF1 s’est montré rassuré ! Et maintenant, les islamistes font de la jeune chanteuse le martyr d’un racisme français, qui interdirait aux musulmans de participer à la vie de la société. 

Mennel Chantait pourtant du Léonard Cohen 

Oui,  le poème mélodieux et assez abscons d’un vieux juif agnostique et mystique à la fois. On ne sait pas si ce choix était un message d’œcuménisme ou juste une simple performance artistique… peu importe, Mennel était alors un trait d’union, par l’émotion, entre des mondes qui se distendent. Alors que ceux qui osent critiquer les dérives de l’islam sont traité souvent abusivement d’islamophobes, les pressions exercées sur Mennel, sont, pour le coup, la manifestation d’un racisme.  Imaginons un instant que l’on puisse retourner dans le passé des dires et écrits de bien des intellectuels et politiques qui ont voix au chapitre aujourd’hui. Imaginons Patrick Devedjian, patron des Hauts de Seine, Gerard Longuet, ponte de LR, tous deux anciens d’Occident, imaginons-les avec Facebook ou Twitter dans leur jeunesse ! Que d’inepties scandaleuses retrouverait-on ! Sans parler de tous ces intellectuels, excusés d’avoir eu tort avec Sartre et les communistes, sur le goulag… N’était-ce pas des visions de l’histoire mensongères et fantasmatiques, du complotisme achevé là aussi ? Mais pour eux, on parle de passions juvéniles, de romantisme révolutionnaire. Pour Mennel, il s’agit de tâches indélébiles ! La jeunesse dit souvent des horreurs par une sorte de grégarité, de transgression irréfléchie, pour faire partie d’un groupe. Montrer à Mennel que la société n’est pas celle que disent les prêcheurs de l’islam politique, et que c’est son talent, sa sensibilité artistique qui révèlent sa vérité à elle, aurait été la meilleure des façons de combattre l’enfermement religieux et communautaire. Au lieu de cela les identitaires qui ont capturé ce bel outil de la laïcité pour en faire un objet de ségrégation, ont creusé le fossé qu’ils prétendent combler, et offert aux ennemis du libre arbitre et de la paix civile, la plus retentissante des victoires symboliques.  

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