Un premier tour en forme de bouleversement du paysage politique français sans précédent !

Oui, les Français sont en train d’utiliser En Marche pour remplacer -tout simplement- leur personnel politique. Il ne s’agit pas d’un Nième coup de balancier, pas d’une alternance, d’une opposition qui deviendrait majoritaire et vice-versa, non ! Il s’agit bien d’un changement de casting quasi général, même si une part des futurs députés EM est composée d’élus municipaux ou cadres locaux de partis classique -du PS notamment- il s’agit quand même de l’arrivée massive de nouveaux profils ! Il faut, en outre, souligner l’ampleur de la majorité qui peut sortir des urnes dimanche prochain. Plus de 400 députés –prévoit-on- pour un seul parti (pas pour une coalition de droite ou de gauche comme ce fut le cas par le passé avec le RPR et l’UDF ou la gauche plurielle). D’autant que ce bloc sera central. Il va déborder sur sa gauche avec un certain nombre de PS macrono-compatibles et sur sa droite un nombre certain de LR pro-Macron. Majorité centrale, donc sans opposition structurée en alternative autres que des radicaux inconciliables, réduits à une fonction tribunicienne via leur têtes de gondoles Mélenchon et Le Pen mégaphones, quasiment sans députés avec eux.

Mais à quoi va bien pouvoir ressembler un débat parlementaire avec une force centrale si dominante ?

Ça va dépendre du Président et de la considération qu’il va manifester à l’égard du Parlement. Nos institutions sont déséquilibrées, elles ont été conçues comme ça et pour ça. Il faudrait beaucoup de vertu démocratique pour que le Parlement contrôle effectivement l’action des ministres. Au fil des mois, des tendances vont nécessairement apparaître au sein même d’un groupe si important élu sur une base idéologique si nébuleuse. Il y aura des macronistes de droite, des macronistes de gauche avec finalement Emmanuel Macron, au-dessus, qui tranchera les débats en majesté. Comme si Emmanuel Macron réalisait ce que le Général de Gaulle avait théorisé dans son discours de Bayeux (1946)… il y décrivait ce que devait être, selon lui, le président de la République : un président arbitral…olympien, au-dessus (en apparence) des contingences politiciennes. Mais si l’armée de députés macronistes ne parvient pas à faire vivre les débats qui traversent le pays, ce sera la rue qui prendra le relai. S’il est important de s’intéresser à la mécanique démocratique qu’un tel résultat implique, il ne faut quand même pas oublier de lire le message des urnes. Il ne s’agit pas seulement de renouvellement désidéologisé mais bien d’une confiance accordée à un homme qui s’est dit pro-européen, social-libéral en économie, progressiste, prônant une société dite bienveillante et d’optimiste. Ces mots peuvent paraitre creux, mais toujours est-il que celui qui les a prononcés a largement gagné hier soir. Il n’y a pas d’enthousiasme (le taux de participation en atteste) mais les déclinistes, les souverainistes, les nostalgiques de la France sépia dont on disait qu’ils avaient gagné la guerre culturelle, ne sont pas au rendez-vous. La vraie majorité silencieuse en France qui, finalement s’est exprimée hier (ou s’est abstenue et a donc laissé faire) n’est pas pour le repli et le conservatisme que l’on croyait ambiants… et ce n’est pas le moindre des enseignements d’hier soir.

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