C’est aujourd’hui que s’ouvre officiellement la campagne pour les européennes. Vous évoquez ce matin la défaite annoncée du PS

Tout est réuni pour cela. Pour une défaite magistrale… en matière électorale il y a souvent des surprises. Hé bien les socialistes ne peuvent plus compter que sur une surprise même si l’on voit mal -mais c’est le principe des surprises- quel en serait le ressors. Pour tout dire, on a plus de chance de voir Roland Garros remporté par un français, cette année, que de voir le PS arriver en tête le 25 mai. Ce n’est pas la peine de rappeler les taux de popularité spéléologiques du président, ni de souligner l’effet désastreux de cette période de déclaration d’impôts ! Le détail des 50 milliards d’économie fait son œuvre politique. La neurasthénie nationale est alimentée par le fait que l’exécutif a attendu bien longtemps avant de tenir un langage de vérité sur les conséquences de sa vertu budgétaire. Le parti socialiste, parti d’élus locaux, est lui-même déprimé. L’effet des municipales est démobilisateur et le taux de popularité du Président au sein même des troupes socialistes (je parle des cadres locaux et des militants) ne doit pas être beaucoup plus élevé que dans le reste de la population.

Pourtant Manuel Valls est allé hier soir sur TF1 pour inciter les électeurs à voter.

Oui, il est le seul, dans son camp à rester relativement haut dans les sondages. Il a donc un petit crédit à utiliser pour tenter de limiter les dégâts… Cependant son discours pêche par une contradiction qui est l’une des raisons qui rend ce scrutin quasiment impraticable pour les socialistes. Manuel Valls explique qu’il est important de donner plus de poids aux socialistes européens. Cette fois ci, le parlement pèsera sur la nomination du prochain président de la commission. Et celui-ci peut être le social-démocrate Martin Schulz. Plus de socialistes dans les institutions européennes et ce serait la mise en œuvre d’une autre politique, plus tournée vers l’emploi et la croissance que vers l’orthodoxie budgétaire et l’obsession de la rigueur. C’est ce que l’on comprenait du propos du premier ministre hier soir. Mais, pourtant, en France c’est, nous dit-on, pour le bien de nos finances publiques, et non pas parce que l’Europe nous le demande, que nous sommes sur la voix ardue et rigoureuse des 3% de déficit en 2015. C’est en tout cas le discours officiel propre à nous persuader que la politique française n’est pas dictée pas Bruxelles… Mais alors, comment convaincre que les socialistes de l’Union appliqueraient une autre politique ? Même si c’était le cas, ce sont les gouvernements européens, majoritairement de droite, qui impulsent la politique de l’Union. Du coup, en ce moment, être socialiste et militer pour plus d’intégration politique européenne, c’est un peu comme un végétarien qui voudrait faire changer le menu d’un relais de chasse ! Les socialistes sont victimes, parce qu’ils sont au pouvoir en France et pas dans le reste de l’Europe, du décalage entre la réalité de la sphère du débat démocratique, qui reste largement nationale, et la réalité de la sphère des solutions politiques, qui est désormais continentale. Ce décalage est une aberration démocratique qui rend les élections européennes incompréhensibles et ne favorise –mécaniquement- que ceux qui le dénoncent en invoquant le retour à plus de nation…c'est à dire les eurosceptiques…

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