La REM a donc dévoilé les noms de 428 candidats sur les 577… Un casting qui prétend renouveler de la vie politique.

Et c’est le cas. La moitié des candidats n’avait aucun engagement politique avant celui-là, l’écrasante majorité a une activité professionnelle… beaucoup sont membres d’associations en tous genres (et le monde associatif c’est le sel de la vitalité démocratique française) il n’y a que –pour l’instant- 25 députés sortants, pas trop de recasages. Face à la grande défiance vis à vis de la politique En Marche, (que l’on soit d’accord ou non avec sa vision de la société) propose, un renouvellement massif des élus. Il s’agit de régénérer et faire entrer à l’Assemblée une armada de nouvelles têtes. L’âge moyen des candidats est de 46 ans contre 60 pour les députés actuels. Il y a forcément quelques bugs, un candidat déjà condamné, 2 autres désignés par erreur, François Bayrou qui râle parce que son parti ne passe que d’un député à 35 potentiels, voracité du monde d’avant ! Mais au total cette liste présentée hier laisse entrevoir une Assemblée très largement rénovée. D’ailleurs les futurs députés de la France Insoumise et du FN seront aussi majoritairement nouveaux et vont contribuer à aérer la Chambre (comme on disait avant). Chambre qui sent un peu le renfermé masculin costarisé.

Mais est-ce qu’un Parlement ainsi renouvelé garanti un renouvellement des pratiques ?

Eh bien non… et si l’on aurait tort de ne pas souligner l’effort de diversification de profils qui siègeront au sein de ce qui est quand même la représentation nationale, rien ne garantis, en effet, que le fonctionnement du Parlement s’améliore. Il y a même un risque, avec des députés qui n’ont pas l’habitude des délibérations, des rapports de forces, des mécanismes d’influences au sein des assemblées, d’avoir une armée de fans ou d’obligés du président, de godillots (comme l’on disait au temps où l’on parlait de la Chambre, aux temps des groupes parlementaires gaullistes après 1958). C’est un risque même si Emmanuel Macron a promis de favoriser l’émergence d’un parlement qui prend aussi le temps du contrôler et d’évaluer les politiques publiques… Un rôle essentiel que les différentes majorités, jusqu’ici, n’ont jamais vraiment voulu ou pu jouer. Cette présidence laisse augurer une certaine modernisation, un progrès de la transparence, un esprit de compromis plus que d’affrontement… mais attention, on peut aussi déceler dans les 1erpas d’Emmanuel Macron (et pas que dans ses pas solitaires du Louvre) dans sa volonté d’une présidence « jupitérienne », un potentiel de pouvoir personnel et centralisé. Il y a un paradoxe peut-être inévitable pour un très jeune mouvement mais c’est bien par un procédé très vertical, basé sur l’adoubement venu d’en haut plus que sur un processus de remonté de la base, que les candidats ont été désignés. Peut-être faut-il, dans le cadre de nos institutions assez rigides, faire acte, au départ, d’autorité, à l’ancienne pour impulser une modernisation des pratiques ! On verra à l’usage. Et l’observation de cet usage, la promesse d’une gouvernance plus démocratique, efficace, le pari à la fois de mieux incarner la fonction par rapport à ces 2 prédécesseurs, sans pour autant verser dans les travers de la monarchie républicaine, nous fourniront, à n’en pas douter, matière à de nombreuses chroniques…

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