Cette fois, il s’agit de l’escapade du couple Sarkozy au Mexique, juste avant la rencontre avec le président Calderon, le week-end dernier. Faut-il s’intéresser aux vacances du président ? Est-ce un sujet ? Doit-on être choqué qu’il choisisse une destination, un style de vacances plutôt qu’un autre ? A priori non. Ça devrait relever de la sphère privée, à partir du moment où le président et sa femme se payent leurs vacances, où s’ils les passent dans une résidence appartenant à l’Etat, nous n’avons pas à nous en mêler et simplement à espérer qu’il se repose assez pour être en forme à son retour. Mais il se trouve que pour sa virée mexicaine, le couple Sarkozy et sa sécurité ont séjourné dans un hôtel appartenant au banquier milliardaire Roberto Hernandez Ramirez, une des plus grosses fortunes du Mexique. Les deux nuits passées dans cet établissement n’ont pas été payées par les époux Sarkozy, l’Elysée a affirmé dès le début que c’était le gouvernement mexicain qui les invitait. Cette version est mise à mal par les informations de nos confrères de RTL selon lesquels Roberto Hernandez Ramirez aurait payé le séjour. Ce matin, des représentants de l’opposition mexicaine demandent des comptes et des précisions au président Calderon parce que le banquier en question a une réputation sulfureuse dans son pays. A l’Elysée on ne communique pas sur cette affaire. On affirme que le chef de l’Etat était l’invité du président mexicain - point. Un conseiller se contente de dire : « quand on vous fait un cadeau, vous ne demandez pas qui a payé pour vous ». On ne saurait trop lui conseiller justement de s’y intéresser un peu plus à l’avenir. Tout cela est-il vraiment important ? A chacun de juger. On peut estimer d’abord qu’il y a quelque chose de choquant, de la part de Nicolas Sarkozy à accepter une luxueuse villégiature aux frais du contribuable mexicain, puisqu’officiellement, l’Elysée pensait être l’invité du Mexique. Le luxe ostentatoire, le retour du bling-bling en plein marasme économique et en période de souffrance sociale. Ce n’est peut-être pas du meilleur goût. En disant tout ça, on est peut-être un peu moralisateur et l’on risque même de verser dans une sorte d’hygiénisme politique. Après tout, on pourrait aussi estimer que ce n’est pas un sujet. Que la polémique qui monte n’a pas lieu d’être, que le Président n’a certainement rien à voir avec cet homme d’affaires dont il ne connaissait sans doute pas l’existence. Que ce dernier ne lui demandera probablement jamais aucun service en échange de ces deux jours de rêve, que le goût du luxe et du confort ne dit rien de la capacité du président à faire le job de président. C’est un éternel débat, depuis le yacht de Vincent Bolloré au lendemain de la victoire de mai 2007 et l’été bling-bling dans la villa de Wolfborough aux frais d’amis riches. On est loin des vacances austères et studieuses, quasi monacales du Général de Gaulle à la Boisserie. Le général qui - rappelons-le - avait fait installer un compteur électrique dans l’appartement de l’Elysée pour payer lui même la consommation d’électricité de sa famille. En fait, il y aurait un moyen tout simple d’éviter ces polémiques : que le président paie de sa poche ses vacances et celles de sa famille passées hors des résidences de l’Etat et que l’Etat règle la partie sécurité et logistique et le transport. C’est ce qui se fait dans toutes les autres grandes démocraties. Ce serait aussi une sorte de sobriété - à la Barack Obama - bienvenue dans cette période de crise… parce que (attention c’est du Nietzsche) : « Le luxe est une forme de triomphe permanent sur tous ceux qui sont pauvres ».

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