François Hollande a dormi à Dijon… Et il faudrait que ce soit un événement ?!

Oui, François Hollande dort à Dijon dans le lit du Général… Il passe –rendez-vous compte- deux jours dans une même ville pour, nous dit-on, retrouver la confiance des Français. Et la grande question du moment semble être : doit-il parler ? Et comment ? Quand une politique est impopulaire, ceux qui sont chargés de commenter son action, ont un peu tendance à expliquer que le problème, c’est la parole, la communication. Il faut un cap, un horizon un grand dessein, dit-on toujours. D’abord un cap n’est pas un but, un horizon, par définition ne s’atteint jamais…et les grands desseins nationaux paraissent aussi illusoires que prévoir la destination de rêve pour l’été prochain quand on est en panne sur le bas-côté un jour de départ en week-end en plein hiver! Demander à François Hollande de nous dire où il veut aller est une réclamation de commentateur, une forme de langue de bois journalistique. Que voulez-vous que le Président nous dise de plus que ce qu’il nous a déjà dit ? S’il voit loin et haut « réenchanter le rêve français », « redonner espoir à la jeunesse », on lui reproche d’être vague ! S’il fixe un but concret, « renverser la courbe du chômage avant la fin de l’année », personne ne le croit (sans doute pas lui-même). Toutes les plumes chargées d’élaborer les discours du Président planchent depuis l’élection sur le message, sur le cap, l’horizon, le grand dessein ! Voyez le résultat…

Donc, ce n’est pas une affaire de communication !

Heureusement que non… c’est une affaire de vérités et de résultats économiques et sociaux. François Hollande pourra utiliser les plus brillants communicants, suivre à la lettre toutes les recommandations de son ami Claude Serrillon, nous donner ses caps, horizons et autres grands desseins en alexandrins, avec la gravité de sa fonction ou l’ humour de son caractère… sur une, deux ou trois chaînes de télé à la fois comme Nicolas Sarkozy ou en tweetant, rien n’y fera. Il avait promis qu’il pouvait peser sur le cours des choses et l’impression angoissante qui grandit c’est que le pouvoir politique est impuissant. Dès lors, puisqu’il a choisi la voie de l’effort budgétaire (on peut l’approuver ou non, là on parle de cohérence), le seul discours qui vaille est celui de la vérité. Il ne s’agit pas de redevenir populaire à court terme -la vérité ne rend pas forcément populaire- mais de faire en sorte qu’au moment du retour de la croissance, (si les choix de la majorité ont été les bons) les sacrifices consentis soient perçus comme ayant été utiles … ça ne veut pas dire que la popularité du Président reviendra pour autant. Parce que, s’il est vrai que c’est très compliqué d’être populaire en temps de crise, c’est à peine plus évident quand la prospérité revient. Les révoltes, les grandes grèves surviennent plus souvent au début d’une embellie, après des mois ou des années de souffrance, quand il commence à y avoir quelque chose à se partager (à se disputer). Comme en 1968 ! Et en 69, le Général est renvoyé à Colombey alors que la France était beaucoup plus riche et solide qu’en 1958. Donc on devrait peut-être arrêter de demander à François Hollande de fixer un cap, un but, un grand dessein (on a parlé que de ça pendant la campagne) mais plutôt lui demander de nous dire le plus précisément possible la vérité sur les efforts à consentir. Certes, il ne faut pas désespérer Billancourt… mais Billancourt est fermé depuis longtemps.

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