La vie politique pendant le coronavirus

Doit-on mettre la vie politique et démocratique sous cloche ? Tout ceux qui participent au débat politique (majorité, opposition, les médias, réseaux sociaux) se posent la question. Et la réponse est forcément ‘non mais’. Tout, bien sûr, est dans le ‘mais’... Un ‘mais’ évolutif et temporaire. C’est d’ailleurs la même réponse que pour toutes les autres activités du pays. Que doit-on fermer, confiner ? La démocratie ne peut pas s’arrêter. Il nous faudra –en même temps- faire plus confiance que dans le tout-venant politique... Considérant, dans cette affaire, que tous les partis, tous les camps ont le même objectif : combattre le virus. Le gouvernement en fait-il trop, pas assez ? Est-il dans le bon tempo ? La confiance ne doit pas éclipser ce débat d’autant que le corps médical commence à se diviser sur cette question. Pas d’union nationale émolliente mais pas non plus la sorte de défiance permanente qui nous tient lieu de carburant habituel pour nos débats. Dans ce cadre, le 1er sujet c’était : faut-il reporter les élections municipales ? Un rapide questionnement a parcouru l’exécutif mais la réponse a été vite tranchée. C’est non... d’autant qu’il y a un consensus politique sur le sujet. Faut-il geler la réforme des retraites ? Faut-il remettre en cause la réforme de l’assurance chômage ? Le cas par cas doit être la règle. Ce n’est pas parce que les manifestations seront soit interdites, soit désertées, que le processus parlementaire doit être stoppé ! Et puis, qui sait si le Sénat pourra se réunir dans 3 semaines après la pause parlementaire des municipales. Les nouvelles dispositions de l’assurance chômage doivent-elles être suspendues, comme le demandent les syndicats ? Le gouvernement y réfléchit. Ce serait tout à fait justifié puisque les nouvelles indemnisations étaient établies pour inciter au retour à l’emploi... ce serait particulièrement injuste de les appliquer alors que nous allons vers des situations de chômage partiel dans le cadre de la lutte contre l’épidémie. Une situation imposée qui n’implique pas de recherche d’emploi !

Et puis il y a l’annulation du processus de privatisation d’ADP

Là, il s’agit d’opportunisme (ou d’opportunité) politique. Le gouvernement arrête le processus puisque les bourses chutent et que dans ce contexte, l’Etat aurait eu du mal à faire une bonne affaire en vendant Aéroports de Paris. Ça tombe bien. C’est l’occasion de se débarrasser d’une fausse bonne idée, politiquement et financièrement mal emmanchée, qui divise jusque dans la majorité. La pétition citoyenne pour un référendum sur la privatisation d’ADP n’avait pas eu le succès escompté par ses initiateurs... Ces derniers contestaient (avec quelques arguments) la faisabilité (technique) de la pétition... D’autres polémiques sur la démocratie directe entravée allaient nécessairement naitre... Plus généralement … le corona virus rebat les cartes de la politique économique en général… Comme une guerre, cet évènement majeur va faire bouger bien des lignes idéologiques, secouer bien des certitudes … Et c’est là que la démocratie, ses instruments et sa vitalité, seront utiles et même essentiels.

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