Aujourd’hui, l’actualité politique tient en deux mots : Ségolène Royal, qui fait sa rentrée sur France Inter ce matin à 8h20. Coucou la revoilou. C'est vrai qu'on n'avait plus l'habitude, depuis juin dernier, plus l'habitude de claironner « Ségolène Royal est l'invitée de la rédaction ». C'est vrai qu'on criait « Y'a quelqu'un ??? » dans la cage d'escalier et que nous revenaient en écho les Unes de « Paris Match » ou de « VSD », quelques photos d'un baise main du vieux lion Chirac à une Gazelle en goguette au théâtre. C'est vrai qu'on lançait « Youhou, y'a personne ??? » Toujours l'écho cette fois. Quelques cartes postales envoyées d'Argentine ou du Chili sur son site Internet, quelques tribunes, plutôt bien ficelées, sur la diplomatie Sarkozy ou les test ADN. Mais si peu de balises pour une ex candidate à 17 millions de voix. Si peu de petits cailloux pour celle qui, il y a un an jour pour jour, était désignée par plus de 60% des militants. Il y a un an, il y a une éternité. En revanche, qu'est ce qu'ils faisaient comme raffut, ses copains !!!! Et l'impasse, et la campagne imperdable, et la mégère pas apprivoisée, et l'imposture, et au revoir Royal. On n'entendait qu'eux, on ne l'entendait plus. Ils se plaisaient d'ailleurs à l'imaginer en pauvrette déprimant dans une ferme bio de Poitou Charente, chantant « file la laine, file le jour, garde ma peine pour toujours… » Et puis, d'autres nouvelles sont arrivées. Nouveaux locaux boulevard Raspail, diner discret mais réguliers avec économiste, banquier, homme d'affaires, artistes, éditorialistes. Relance de l'association « Désirs D'avenirs » - 15.000 adhérents revendiqués - réunion hebdomadaire avec une équipe de com et d'élus. Position claire sur le traité de Lisbonne dans « Libération ». Tiens, le fond de l'air semblait avoir changé. Même les sondages remontaient et confirmaient que l'opinion n'oublie rien même si les médias oublient beaucoup. 6 mois après sa défaite, Ségolène Royal semble enfin décidée à se tourner vers un objectif qu'elle n'a jamais oublié, même dans le brouillard le plus épais : son RDV avec 2012. Mais à chacun son himalaya. Comme le dit ce trés beau proverbe asiatique, « on peut tourner 10 fois autour d'une montagne, ça n'est pas ça qui fait qu'on l'escalade ». Car c'est bien là, son problème, encore et toujours. Elle et le parti, le Parti et Elle. Comment faire sans alors qu'il faut faire avec ? Y aller ou pas, et surtout comment ? Cette quadrature du cercle lui a déjà coûté en partie la présidentielle. Elle pourrait, si elle n'y prend pas garde, lui coûter en partie son avenir politique. On comprend fort bien le peu d'appétence à s'assoir à la table de cette famille de type Borgia qui se trucide et renoue des alliances au gré des tactiques de congrès. La tactique étant à la stratégie, ce que Richard Clayderman est à Jean-Sébastien Bach. Mais il y a aussi ce parti d'en bas, vivant, qui l'a désignée, ces nouveaux adhérents qui prennent les jambes à leur cou, ces élus qui attendent un signe et se replient sur leur territoire, ces militants silencieux, un peu grincheux, un peu déçus, qui estiment qu'elle doit… mieux... qu'elle SE doit de diriger un jour le PS, de démontrer qu'elle peut mener la rénovation, insuffler d'autres comportements, transformer la petite boutique Solférino en société peformante, qui fait des bénéfices et crée des valeurs. Tout cela demande une véritable révolution personnelle. Et c'est certainement à cette capacité à changer que l'opinion mesurera aussi la capacité de Ségolène Royal à diriger. Ce « j'ai changé » répété inlassablement par un certain Nicolas Sarkozy, un jour de lancement de campagne, c'était en janvier dernier. Et ça lui a plutôt porté bonheur. Une chronique de Françoise Degois .

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